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Transition écologique: pour l'économiste Jean Pisani-Ferry missionné par Borne, "le compte n'y est pas"

© Bruno Levy pour Challenges

INTERVIEW - Un rapport de l'économiste Jean Pisani-Ferry, missionné par la Première ministre pour évaluer les impacts économiques de la transition écologique, est attendu au printemps 2023. Et selon lui, il manquerait déjà 20 à 30 milliards d'investissement vert par an.

Professeur à Sciences-Po et ex-coordinateur du programme économique d'Emmanuel Macron, Jean Pisani-Ferry vient d'être missionné par Matignon pour "l'évaluation des impacts macroéconomiques de la transition écologique". Son rapport est attendu au printemps 2023.

Challenges. Avant de lancer votre mission, que sait-on, déjà, sur le coût de cette transition?

Jean Pisani-Ferry. Peu de choses. Une partie de ses avocats nous la présentent comme génératrice de croissance et d'emplois. Une autre partie nous dit que la seule solution est la décroissance. On manque sérieusement d'une évaluation objective et raisonnée. Ce sera l'objet de la mission qui m'a été confiée par la Première ministre.

Aujourd'hui, qu'anticipe-t-on?

Il y a un certain consensus international pour dire que la transition écologique demandera d'investir au moins 2 points de PIB supplémentaires aux alentours de 2030. Donc pour la France, autour de 50 milliards d'euros d'investissement net en plus par an. Mais ce consensus est fragile et ma première tâche sera d'auditer ces chiffres.

Mais on ne part pas de rien…

Non, évidemment: les chiffres sortis en octobre par l'Institut de l'économie pour le climat (que je préside, mais sans droit de regard sur ses publications) estiment qu'en 2021 les investissements "climat" ont atteint 84 milliards. Mais même s'ils sont en baisse, les investissements "fossile" s'élèvent toujours à 62 milliards. Il faut réduire les seconds et simultanément continuer à accroître les premiers. Il manque sans doute de l'ordre de 20 à 30 milliards d'investissement vert par an. Le compte n'y est donc pas.

Comment financer les investissements supplémentaires? Par la taxe carbone?

Attention, il y a d'autres sources de financement que par le budget public. Concernant cette taxe, le choc des "gilets jaunes" a changé la perspective. Alors que dans le Budget 2019, il était prévu de redistribuer 25% des recettes générées par la hausse de la taxe carbone, il est clair désormais que si on la remettai[...]

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