Thierry Blandinières (In Vivo) : "Le défi de la planète : produire plus, avec moins"

En prélude au Sommet du bien commun, qui se tiendra à Toulouse les 1er et 2 juin, Thierry Blandinières, directeur général d’InVivo, détaille ce que devrait être l’alimentation de demain.

Le premier bien commun n’est-il pas de lutter contre la hausse des prix ? Après l’offensive russe en Ukraine, j’avais malheureusement alerté des risques du déséquilibre entre l’offre et la demande sur le marché des céréales. Certes, nous sommes passés à côté de la catastrophe avec un prix de la tonne de blé qui a augmenté de 180 à 440 eurox : grâce au déblocage des ports sur la Mer Noire, les cours sont redescendus à 220 euros. Mais il faudra attendre six mois à un an pour que cela se traduise dans les prix alimentaires… qui ne retrouveront cependant pas leurs prix d’avant.

Pourquoi ? L’énergie ne retrouve pas davantage son palier d’avant le déclenchement de la guerre, les couvertures continuent de peser, les taux d’intérêt ont augmenté, les salaires ont pris entre 6 et 10 %...

Un "bouclier alimentaire" ?

Aurait-il fallu instituer, comme dans l’énergie, un "bouclier" alimentaire ? Ce n’est pas la France, ni même l’Europe qui font le prix des céréales. Certes, au siècle dernier, il y avait une campagne d’avance dans les silos, et cela permettait de gérer la volatilité des cours. Avec la mondialisation, ce n’est plus la philosophie de l’Europe.

Le bien commun commande peut-être de revenir à une situation intermédiaire, avec des stocks stratégiques qui permettraient de piloter une partie de la volatilité. Je pense que ce serait nécessaire, car après tout, c’est une affaire de souveraineté. Mais cela a un coût, et seul Bruxelles peut prendre cette décision.

Alors, comment nourrir 10 milliards d’êtres humains ? C’est le défi de la planète : produire plus, avec moins de terres, moins d’eau, moins d’engrais. Tout part des céréales, où l’innovation doit nous permettre de produire à des prix raisonnables des variétés qui résistent mieux au stress hydrique.

Prendre en compte les besoins du Sud

Cela passe-t-il obligatoirement par une réduction de la consommation de la viande ? Oui, il faut évidemment produire plus de protéines végétales et moins de protéines animales. Mais [...]

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