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Taxe d'habitation : les contribuables aisés vont être les dindons de la réforme

Non seulement les plus aisés vont continuer de payer la taxe d'habitation au moins jusqu'en 2020 - le président ayant laissé entendre qu'il pourrait la supprimer pour tout le monde à compter de cette date -, mais leur facture risque de s'alourdir encore dans les prochaines années...

Avec Emmanuel Macron, la réforme de la taxe d'habitation (TH), c'est un peu la devise olympique à l'envers : moins vite, moins haut, moins fort... Première désillusion : pendant la campagne, le président avait promis que son coup d'éponge sur cet impôt "particulièrement injuste", qui représente un tiers des ressources des communes, aurait lieu en 2018. Coincé par les contraintes budgétaires, il a finalement décidé de l'étaler sur trois ans. Deuxième mauvaise surprise : le candidat d'En marche! avait assuré que l'exonération de TH concernerait 80% des ménages, et tout le monde avait compris "80% des ménages qui la paient." Eh bien, ce n'était pas ça. En réalité, seuls 65% de ces derniers - dont le revenu annuel est inférieur à 30.000 euros pour un célibataire, à 48.000 pour un couple et à 54.000 pour un couple avec un enfant - seront débarrassés de cette ponction. Le président avait simplement omis de préciser qu'il englobait dans son chiffre les 15% de foyers déjà exonérés...

Ne boudons pas notre plaisir : pour ses bénéficiaires, la suppression de la taxe d'habitation, même étalée dans le temps, est évidemment une excellente nouvelle. A terme, elle devrait leur faire économiser en moyenne 800 euros par an. Mais pour les 35% qui en sont privés, cette généreuse réforme a un méchant goût de soupe à la grimace. D'abord parce qu'il n'est jamais très drôle de voir les autres profiter d'une mesure quand on en est soi-même exclu. En particulier, lorsqu'on appartient à une catégorie, la classe moyenne supérieure, qui n'a cessé d'être tondue lors du quinquennat précédent...

>> En vidéo - La taxe d'habitation : injuste et complexe

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