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Taux: les rendements se dégradent, trop de bonnes stats US

(CercleFinance.com) - Les marchés obligataires se replient lourdement alors que l'attraction pour les actions devient de plus en plus irrésistible (avec des indices boursiers qui enchaînent les records en cascade depuis désormais plus de 10 jours) alors que l'appétit pour le risque devient carrément dévorant.
Les T-Bonds US voient leur rendement rebondir de +9Pts à 1,865% et les marchés européens leur emboîtent le pas.
Sévère repli pour nos OAT, de -0,4900% vers -0,006% en séance et -0,012% au final: le retour en territoire de rendement positif est quasiment acté, et ce serait une première depuis mi-juillet dernier.

Les Bunds se retendent de +4,1Pts à -0,3100% et plus au Sud, les 'Bonos' décalent de +2Pts à 0,325%, les BTP italiens se dégradent plus lourement, de +5Pts à 1,1320%.
En queue de peloton, on retrouvait les 'Gilts' britanniques avec +6Pts à 0,774%.

Les chiffres du jour ont bel et bien agi comme des 'market movers' et notamment l'indice ISM des 'services' aux Etats-Unis: attendu autour de 52 au mois de novembre (contre 52,6 en octobre), il bondit en fait vers 54,7%, pulvérisant les attentes les plus optimistes !

Ainsi, le secteur tertiaire (70% de l'activité économique US) affiche une santé éclatante, alors que la FED a jugé bon de baisser pour la 3ème fois son taux directeur le 30/11.
L'ISM calculé aux US va donc largement occulter le léger repli de l'indice final IHS Markit (allemand) de ces mêmes 'services' aux États-Unis (à 50,6 en octobre, en baisse par rapport à 50,9 en septembre).

La dernière 'avancée' dans les discussions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine serait la suivante: Pékin accepterait de réduire ses droits de douane sur les produits américains et à faciliter l'investissement étranger en Chine... mais il faut préciser que ce serait en échange d'une levée des sanctions douanières actuellement en place.

Sans cela, il s'agitait d'une capitulation en rase campagne de Pékin.

'L'activité en Chine commence à pâtir du bras de fer commercial avec Washington et Pékin pourrait être tenté de faire des concessions', estime un analyste, rappelant que la croissance chinoise a ralenti à 6% au troisième trimestre, au plus bas depuis 1992.
De fait, le PMI manufacturier chinois ralentit de 51,3 vers 51,1 en octobre... mais cela ne saurait suffire à donner satisfaction à D.Trump.

Autre chiffre encourageant, le déficit commercial des États-Unis se contracte: il est ressorti à -52,5 milliards de dollars en septembre, selon le Département américain du Commerce, contre -55 milliards le mois précédent (révisé de -54,9 milliards en estimation initiale).

C'est mieux que prévu puisque le consensus attendait -54 milliards de dollars sur le mois de septembre.

En Europe, les prix à la production industrielle ont augmenté de 0,1% dans la zone euro et dans l'ensemble de l'UE par rapport à août, selon Eurostat. En août 2019, ils avaient reculé respectivement de 0,5% et de 0,4%.

Par rapport à septembre 2018, les prix à la production industrielle ont diminué de 1,2% dans la zone euro et de 0,7% dans l'UE, à comparer à des baisses annuelles respectives de 0,8% et 0,3% au mois d'août.

Outre-Manche, l'activité du secteur des services du Royaume Uni s'est stabilisée le mois dernier, au vu de l'indice PMI d'IHS Markit et du CIPS qui est passé de 49,5 en septembre à 50 en octobre.

Il ne peut donc s'agir d'une explication à la chute des Gilts et à une tension symétrique de +6Pts (et de plus de 15% en 48H).

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