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Taïwan: la visite de Nancy Pelosi accélère un conflit qui semble inévitable

Présidence taïwanaise/AFP - Handout

Pour Pékin, la question taiwanaise est existentielle. En venant à Taipei défendre la démocratie, Nancy Pelosi vient d'accélérer un conflit qui semble inévitable.

Elle y est allée. En dépit des objurgations de la , à la tête d’une délégation parlementaire en tournée en Asie. : la présidente de la chambre des Représentants américaine avait prévu de l’effectuer au printemps avant d’être empêchée par le covid-19. Mais elle a maintenu un halo de doute sur ses intentions avant d’atterrir, voulant peut-être ménager ses effets et lui donner le maximum de retentissement. Avec succès: dans une ambiance électrique de liesse, piquant au vif une nation de vingt millions d’habitants, Nancy Pelosi a paradé dans la foule devant les médias locaux et internationaux, suprêmement indifférente au vacarme déclenché par Pékin.

Quelques jours plus tôt, selon la propagande chinoise, Xi Jinping avait mis en garde Joe Biden en avance de ce coup d'épingle sur un territoire qu'il considère "intrinsèquement chinois": "ceux qui jouent avec le feu risquent de se brûler". Résultat: au cours de sa visite, la Chine a annoncé des manœuvres militaires spectaculaires dans le Détroit de Taiwan pour les jours à venir, dont certaines qui mordent sur ses eaux territoriales. Rien de décisif cependant. "Pékin ne fait rien qui pourrait mener au casus belli. La Chine ne veut pas plus la guerre que les États-Unis", explique Benoit Hardy-Chartrand, de l’Université Temple. "Pour l’instant, Pékin tire des feux d’artifices. La vraie question n’est pas ce qui se passe maintenant. La vraie question, c’est le coup d’après", avertit un militaire en poste dans la région.

Cette visite accélère la solidification de deux forces, taiwano-américaine et chinoise, en route vers l’affrontement. La question taïwanaise est une des rares qui font encore consensus dans la classe politique américaine. Avant la pasionaria démocrate Nancy Pelosi, c’est son antithèse absolue, le flamboyant et trumpiste républicain Newt Gingrich qui, en 1997, s’était rendu dans l’île en tant que président de la chambre des Représentants. Cette fois, 25 représentants républicains, emmenés par leur leader Mitch[...]

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