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Télécoms : quand Valocîme lance la guerre des pylônes

(c) Reuters

Après les habitants de la région de Heiligenberg, en Alsace, ceux de Brest, en Bretagne, risquent de se retrouver privés de réseau. Ils pourraient faire les frais d'une bagarre commerciale et juridique opposant les infrastructures passives de télécoms (towerco) à un nouveau venu, Valocime, qui tente, aux forceps, de se faire une place sur leur marché très lucratif.

A Brest, les abonnés de Bouygues Telecom auront-ils encore du réseau le 1er mars? Ils pourraient, en tout cas, être les victimes collatérales d’un conflit entre les " TowerCo " et un nouveau venu sur le marché, Valocîme.

Nés aux Etats-Unis, les TowerCo ont construit leur modèle économique en rachetant à prix d’or aux opérateurs comme SFR les pylônes (infrastructures passives) où sont installées leurs antennes, pour ensuite les leur louer. Très profitables, ces sociétés sont devenues les coqueluches de la Bourse. Leur valorisation dépasse généralement 20 fois leur excédent brut d’exploitation (Ebitda). Ainsi, Cellnex, le leader européen qui possède 32.000 sites, pèse 23 milliards en Bourse. Dans cette industrie qu’il juge trop peu concurrentielle, Valocîme entend se faire une place - aux forceps - à côté des quatre grands acteurs (Cellnex, ATC, TDF, Totem) - qui dominent le marché français. 90% des 60.000 sites de téléphonie mobile français sont aujourd’hui gérés par ces sociétés.

L’homme qui s’attaque à cette industrie en connaît parfaitement le fonctionnement : Frédéric Zimer est un ancien de Bouygues Télécom qui a présidé l’une des premières towerco françaises, FPS Tower, issue de la vente de pylônes 2000 Bouygues. Lorsque cette société a été acquise par le leader mondial des towerco, ATC (American Towers Corporation), il a pris les rênes de la filiale française. Dans cette expérience, il a découvert le caractère lucratif des opérateurs d'infrastructure. Mais aussi et surtout, leur talon d’Achille : en France, les TowerCo sont les propriétaires des pylônes. Mais elles ne possèdent pas le foncier. Un point faible qu’il utilise pour concurrencer les acteurs en place.

2000 élus ont cédé leur bail à la nouvelle towerco...

Adossé depuis 2019 au fonds KKR, Valocîme emploie aujourd’hui une centaine de personnes. L’entreprise démarche les mairies ou les agriculteurs louant des terrains à Cellnex, TDF ou ATC – sans jamais cibler Totem, la filiale d’Orange. Ainsi, 2.000 é[...]

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