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Suppression de l'ENA: aller au-delà du geste

·2 min de lecture

EDITO - La suppression de l'ENA ne doit pas donner naissance à un "Institut de service public" aussi renfermé sur lui-même.

L’ va-t-elle disparaître, comme l’a annoncé Emmanuel Macron? Vraiment? C’est en tout cas un sacré serpent de mer. Déjà, dans les années 1960, Jean-Pierre Chevènement réclamait sa suppression, dénonçant une trop grande proximité avec les milieux économiques. Durant sa campagne de 1995, Jacques Chirac, alors pourfendeur de la fracture sociale, dénonçait "la matrice de la pensée unique". Une fois élu, il a pourtant gouverné avec une cohorte d’énarques… En dépit des critiques, de dizaines de réformes et d’un déménagement à Strasbourg, l’école a survécu. Sans vraiment changer.

L’ENA mérite-t-elle autant d’indignité? Est-ce un bouc émissaire commode, permettant aux politiques de se dédouaner? Ou une véritable ineptie? En réalité, l’institution, qui a longtemps symbolisé l’excellence de notre haute administration, s’est peu à peu sclérosée. Conçue au lendemain de la guerre pour reconstruire la France et gérer une économie administrée, elle n’est plus adaptée à une époque qui réclame agilité, réactivité, adaptabilité. Elle a surtout envahi toute la haute fonction publique, privant de nombreux fonctionnaires de toute possibilité de progression professionnelle. En 1965, aucun des présidents de chambres de la Cour des comptes n’était énarque; aujourd’hui, ils le sont tous!

Aristocratie d'Etat

Plus grave, l’école s’est peu à peu transformée en une machine à sélectionner les élites, via le classement et l’accession aux grands corps (Inspection, Conseil d’Etat, Cour des comptes), œuvrant ainsi à la création d’une aristocratie d’Etat déconnectée du terrain et avant tout soucieuse de ses intérêts. Sur ce point, la réforme telle que la dessine le chef de l’Etat (avec un certain nombre d’années au service de l’Etat avant d’intégrer un grand corps) devrait mettre fin à certaines dérives. Mais en annonçant cette réforme, Emmanuel Macron – lui-même issu de la promotion Senghor – a surtout souligné l’absence de diversité. Les "gilets jaunes" sont passés par là. Il y a effectivement peu[...]

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