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Suicide de Lindsay: l'avocat de la famille dénonce "le sentiment d'impuissance" des parents de la collégienne

Suicide de Lindsay: l'avocat de la famille dénonce "le sentiment d'impuissance" des parents de la collégienne

Deux semaines après le suicide de l'adolescente de 13 ans, l'avocat de la famille de Lindsay, Me Pierre Debuisson prend la parole sur BFMTV. Il évoque une famille "dévastée", mais dénonce aussi le fait que des proches de la jeune fille reçoivent toujours des messages menaçants et insultants à l'égard de Lindsay.

"La famille de Lindsay est évidemment dévastée parce que c'est un cauchemar qui dure depuis de nombreux mois", a déclaré l'avocat de la famille, qui rappelle que des signalements avaient été faits auprès de l'établissement où était scolarisée l'adolescente, victime de harcèlement depuis septembre 2022.

Mais des signalements avaient aussi été effectués auprès de la justice, où "deux plaintes ont été déposées", rappelle son avocat.

Menace "pas prise au sérieux"

La grand-mère de la jeune fille avait également rédigé une lettre au président de la République, pour "attirer son attention sur les difficultés qui étaient réelles". Celle-ci est restée sans réponse, indique Me Pierre Debuisson. Selon Me Pierre Debuisson, les parents des mineurs qui sont à l'origine du harcèlement de Lindsay n'ont pas réagi. Autant de signalements qui sont malheureusement restés "totalement vains", souligne Me Pierre Debuisson.

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Mais comment ces signalements ont-ils pu rester sans réponse? "Il y a aujourd'hui un problème au niveau de la saturation du système judiciaire français", avance l'avocat, qui "croit" aussi que "la menace n'a pas été prise au sérieux".

"Ce qui est insoutenable dans cette affaire, c'est que souvent les victimes de harcèlement grave évoluent dans un milieu silencieux et n'expriment rien du tout. Là, ce n'était pas le cas", insiste-t-il.

Dans le cas de Lindsay, effectivement, les démarches et signalements auprès de tous les professionnels concernés avaient été réalisés par son entourage. Ce qui ne peut que renforcer le sentiment d'"impuissance" vécu par la famille de l'adolescente durant de longs mois.

"Un harcèlement quotidien"

L'adolescente parlait, "tous les jours. C'était un harcèlement quotidien", qui s'est traduit par des moqueries, des humiliations, des tags "avec des insultes très graves à l'intérieur du collège", des insultes sur les réseaux sociaux, mais aussi des "faits de violence très graves", qui avaient également fait l'objet de "dénonciation", insiste le conseil de la famille. Autant de signaux d'alerte dont "personne n'a tenu compte", regrette Me Pierre Debuisson.

Pour ces faits de violence, la jeune fille avait été prévenue en amont, et avait donc dénoncé les faits qui allaient se produire. "Mais au lieu de la mettre en sécurité, d'appeler sa mère comme le bon sens le commandait, on l'a laissée sortir du collège et elle a été passée à tabac. La mère est venue la chercher dans un état déplorable" justifiant un passage aux urgences, énonce l'avocat.

L'adolescente, qui était en quatrième au collège Bracke-Desrousseau de Vendin-le-Vieil, s'est donné la mort le 12 mai en soirée à son domicile.

Quatre mineurs ont été mis en examen pour "harcèlement scolaire ayant conduit au suicide", avait annoncé jeudi le procureur de Béthune. Une personne majeure a elle été mise en examen pour "menaces de mort". Toutes ont été placées sous contrôle judiciaire. Une enquête administrative a été ouverte "au regard de la situation", a indiqué le rectorat de l'académie de Lille ce vendredi.

Des proches de Lindsay reçoivent des menaces

L'avocat a également été désigné par "une proche de Lindsay, qui était terrorisée à l'idée de retourner dans son collège" encore aujourd'hui. Pour cause, depuis la mort de Lindsay, celle-ci continue de recevoir, elle aussi, "des menaces", émanant probablement de l'entourage des adolescents qui ont été mis en examen, "ce qui est absolument scandaleux".

Il y a quelques jours encore, des proches de Lindsay ont reçu, via les réseaux sociaux, des messages indiquant "vouloir aller à l'enterrement et foutre le bordel", cite notamment Me Pierre Debuisson. Un autre écrivait que "sa tombe sera brûlée", qu'ils étaient "fiers" ou encore que "Lindsay, la grosse ****, est partie à tout jamais et c'est bien mieux comme ça". Une page sur Instagram s'intitulait par ailleurs "Lindsay est enfin morte", énumère l'avocat.

"Tu t'es enfin donné la mort, depuis le temps qu'on attendait, tu ne reviendras plus dans le collège, enfin, tu ne peux pas savoir comment on est contentes, j'espère que durant tout cela, t'as souffert, bisous", écrivait un autre message, s'adressant à Lindsay, toujours selon l'avocat.

Une plainte déposée par la mère d'une amie de Lindsay

Une violence "absolument inouïe", que dénonce fermement Me Pierre Debuisson. Ces messages, relayés sur les réseaux sociaux, renforcent le sentiment d'"impuissance" vécu par la famille, qui "vit dans une souffrance absolue" depuis la disparition de cette adolescente.

Selon l'avocat, une plainte a été déposée ce vendredi soir par la maman d'une des amies de Lindsay pour "des faits de harcèlement répétés". La jeune fille n'en demeure pas moins "terrorisée à l'idée de retourner dans ce collège", alors que certaines des personnes mises en examen sont "toujours dans ce collège".

La famille espère désormais que ce drame ne se reproduise plus. "Ils voudraient être entendus, que les dizaines de milliers d'enfants confrontés à ce harcèlement grave au quotidien puissent enfin être soutenus", et attendent la mise en place de mesures préventives dès l'école primaire afin de lutter contre le harcèlement scolaire.

Article original publié sur BFMTV.com