Stratégies : pourquoi faut-il désormais surpondérer les actions européennes?

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A l'image de plusieurs grandes maisons de gestion, JP Morgan Asset Management se demande pourquoi faut-il désormais surpondérer les actions européennes par rapport aux actions américaines? Cela constituerait en effet un sacré retournement de la longue tendance qui prévalait jusqu'alors. Depuis le point bas des marchés en mars 2009, les actions européennes ont sous-performé les actions américaines d'environ 30%. Comme on le sait depuis un certain temps, les valorisations militent clairement en faveur des actions européennes, et ce, indépendamment des mesures de valorisation retenues, note David Shairp, Stratégiste chez JPM.

Le principal catalyseur à une éventuelle poursuite de la hausse des places européennes pourrait être une reprise de la croissance de la zone euro, même modeste. Cela se traduirait par un redressement de la confiance des investisseurs, toujours pessimistes sur la zone, puis des bénéfices. Si nous avons sans doute vu le pire en ce qui concerne le pessimisme extrême des investisseurs en Europe (Chicago Options: ^REURUSD - actualité) , ce n'est pas encore le cas en ce qui concerne le pessimisme des économistes, analyse le spécialiste de JPM AM. Le consensus de Bloomberg à l'égard de la croissance du PIB de la zone euro en 2012 n'est à présent que de 0,1 % et continue de décroître. Deux facteurs négatifs devraient moins peser à l'avenir et, partant, pourrait produire un effet de surprise positif.

Premièrement, nous avons probablement atteint la souffrance économique maximale en Europe, mais celle-ci devrait diminuer compte tenu d'une austérité budgétaire appelée à se réduire progressivement. Selon Morgan Stanley, les restrictions budgétaires au sein de la zone euro se réduiront de 1,6 % du PIB en 2012 à 1,0 % en 2013, et encore plus significativement dans les grandes économies périphériques (de -3,1 % à -1,5 % en Italie par exemple). D'ici 2014, l'Europe continentale ne devrait plus connaître de politique budgétaire austère. Deuxièmement, les conditions monétaires devraient continuer de s'assouplir par rapport aux conditions extrêmement restrictives qui prévalaient auparavant, surtout dans les pays périphériques, compte tenu de la baisse des spreads obligataires périphériques dans le sillage du programme OMT (CDNX: OMT.V - actualité) de la BCE, sachant que la BCE pourrait également donner un nouveau coup de pouce en décidant d'une nouvelle baisse des taux en 2013.

La croissance réelle de la masse monétaire s'est également reprise dernièrement, ajoute David Shairp. Ces deux éléments devraient soutenir la croissance. Un facteur de croissance encore plus positif serait une reprise cyclique de l'Asie, à laquelle nous croyons de plus en plus. L'économie européenne est très tournée vers les exportations et les entreprises européennes sont significativement plus exposées en termes de chiffre d'affaires à l'Asie que les sociétés américaines, ce qui militerait en faveur de leur surperformance relative.

Le risque principal de ce scénario serait un nouvel accès de crise au sein de la zone euro. Il serait absurde de l'exclure en 2013, mais il faudrait une véritable panique (provoquée par les élections italiennes en avril ?) pour remettre en cause ce scénario en faveur de l'Europe, estime le stratégiste. Cela semble néanmoins moins probable après l'OMT et à l'aube des élections fédérales en Allemagne. La reprise économique pourrait également être affectée par un surcroît d'austérité budgétaire afin de compenser la probable dérive budgétaire, mais les décideurs politiques européens semblent avoir balayé ce risque. Enfin, si la sensibilité des entreprises européennes aux exportations constitue un facteur positif dans cet environnement économique international qui devrait connaître une amélioration, c'est cette même sensibilité qui les rend à contrario vulnérables aux bouleversements économiques des autres régions. Ainsi, la surperformance des actions européennes dépendra dans une large mesure de l'évolution favorable du reste du monde...