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Ils ont décidé de se faire opérer pour ne pas avoir d’enfant

Katia Rimbert et Carmen Barba
·5 min de lecture

IIs n’ont pas le même sexe ni le même âge et encore moins le même métier. Mais ils ont un point commun : celui d’avoir pris la décision de se faire stériliser. Elle s’est fait ligaturer les trompes, lui a eu une vasectomie. Bérangère et Julien nous racontent leur choix radical, leur démarche et leur expérience.

Ne pas vouloir d’enfant reste un sujet encore tabou, même en 2020. Pourtant, 5,3% des Français ont fait librement ce choix. Dans notre société nataliste et normée, le fait de refuser catégoriquement d’enfanter est souvent mal perçu, incompris. Chacun y va de sa petite phrase et de son point de vue. “Oh mais tu en voudras un jour”, “Tu verras, tu vas changer d’avis”, “C’est parce que tu n’as pas trouvé la bonne personne”... Autant de commentaires que les hommes et les femmes qui ne souhaitent pas devenir parents entendent à longueur de journée entre des “Pourquoi ?” interloqués, qui demandent à ces derniers de se justifier inlassablement.

VIDÉO - Bettina Zourli nous explique pourquoi elle ne veut pas être mère :

Si le mouvement childfree revendique le refus de la parentalité, certaines personnes ont une démarche plus radicale : ils ont recours à une stérilisation. C’est le cas de Julien, qui a fait une vasectomie. “Dans le cadre d’un couple stable, où on a plus à se préoccuper des IST par exemple, la vasectomie, ça règle tous les problèmes à 100%. Avec un geste simple, peu coûteux au niveau financier et au niveau de la santé, et sans aucun changement physiologique après au niveau, en particulier, de la sexualité”, explique le jeune homme.

Découvrez le témoignage de Julien en vidéo :

Ce dernier s’est fait opérer en partie parce que sa compagne a eu des soucis de santé à cause de sa contraception : “Elle a eu une salpingite, suite au stérilet qui avait bougé. Elle a subi des opérations, ça s’est très mal passé. Il y a eu un petit peu de maltraitance gynéco, avec une mauvaise prise en compte de son problème. Ce qui fait que ça s’est terminé par une septicémie”.

Ce que je trouve encore plus encourageant pour les hommes, c’est que, pour moi, la vasectomie n’a rien changé.

Julien est ravi de son opération et nous affirme être “super heureux de ce choix” qui a “allégé son quotidien” et évité la peur d’une grossesse non désirée. “Avant, je ne pensais pas à la contraception, puisque ça coulait de source que ce n’était pas moi qui m’en occupait. Et maintenant, je n’y pense pas parce qu’on est passé à autre chose, on a tourné la page, on a plus à s’en préoccuper. Donc concrètement, pour moi, ce que je trouve encore plus encourageant pour les hommes, c’est que ça n’a rien changé”, déclare-t-il.

“J’ai choisi de ne pas avoir d’enfants, c’est définitif”

De son côté, Bérengère a subi une ligature des trompes lorsqu’elle avait 30 ans. Deux ans plus tard, elle n’a “aucun regret”. “J’ai choisi de ne pas avoir d’enfants. C’est un choix, c’est une décision définitive”, assène-t-elle en nous expliquant que sa décision a notamment été motivée par le fait qu’on lui rabâchait qu’elle changerait d’avis. “Pourquoi ça sera obligatoire ? Pourquoi tout le monde voudrait en avoir un jour ? À quel moment c’était devenu un passage obligé dans la vie d’une femme ou d’un couple ?, s’interroge-t-elle. La pilule, c’est ch*ant. Les contraception, c’est compliqué. Il y a toujours la peur que ça foire. Et puis, à un moment donné, ça a été plus que : ‘Je n’ai pas envie d’en avoir’. Ça a été : ‘Je décide de ne pas en avoir, et donc je décide de faire quelque chose de radical, et de définitif’”.

C'est difficile de trouver un chirurgien qui accepte de faire une ligature des trompes. Mais il y a une loi, et il faut la connaître.

Dans sa démarche, la trentenaire s’est heurtée à plusieurs obstacles, dont la difficulté de trouver un chirurgien qui accepte de l’opérer. “J’ai testé auprès de plusieurs médecins, qui m’ont tous dit : ‘Non’, sur des prétextes plus ou moins foireux. Au final, j’ai trouvé via un groupe Facebook, qui s’appelle ‘Stérilisation volontaire’. Et avec plein de personnes qui se donnent des noms de médecins qui acceptent de pratiquer ce genre d’opération”, confie-t-elle en rappelant que, selon la loi, toute personne majeure a le droit de se faire ligaturer les trompes - la seule condition étant un délai de réflexion de quatre mois.

“On a pas le droit de vous dire : ‘Non madame, c’est illégal. Il y a des conditions. Ce n’est pas avant 30 ans, ce n’est pas avant 40, il faut avoir trois enfants minimum’. Non, non, tout ça c’est bullshit. Il y a une loi, et il faut la connaître, c’est tout”, souligne la jeune femme qui a dû voir un psychologue à la demande de son médecin pour pouvoir se faire stériliser. “On ne demande pas aux gens qui font des enfants d’avoir une lettre d’un psy, donc j’ai trouvé ça un peu injuste”, conclut-elle.

Interviews réalisées par Lucile Bellan, article rédigé par Katia Rimbert

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