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Sondage exclusif YouGov : les Français refusent de payer leurs billets de train plus chers pour maintenir les petites lignes

Chaque année, la SNCF dépense des sommes considérables pour maintenir les "petites lignes" de province. Notre sondageYouGov indique que 54% des Français ne sont pas prêts à payer plus cher leurs trajets pour sauver ces dessertes. Explications.

Si la SNCF comptait sur la solidarité nationale pour financer ses lignes peu fréquentées, c’est raté ! Selon notre sondage YouGov*, à peine plus d’un quart des Français (27%) se déclare prêt à payer ses billets plus cher pour les conserver. Même les habitants des petites villes (30%) ou les retraités (37%), a priori les plus concernés, n’y sont pas majoritairement favorables. En même temps, on peut les comprendre. D’après le comparateur GoEuro, la France se classe dans le top 5 des pays d’Europe où le voyage en train, toutes dessertes confondues, est le plus cher, derrière la Suisse, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Belgique, avec un prix moyen de 17,60 euros les 100 kilomètres parcourus en 2016. Et encore, sur les lignes régionales, le tarif payé par l’usager ne couvre que 25% du coût de leur exploitation. Les autres 75% ? Ils sont entièrement financés par les régions, donc par le contribuable. Sans parler de l’entretien des voies, soit 600 millions d’euros chaque année à la charge de la SNCF. Au total, selon le rapport Spinetta remis au gouvernement en février dernier, les dépenses publiques consacrées aux petites lignes s’élèvent à 1,7 milliard par an !

Si encore elles étaient fréquentées… Mais un tiers de ces dessertes (9.252 kilomètres ) ne voit passer que 13 trains par jour, contre 46 en moyenne sur le reste du réseau. Et beaucoup sont quasi vides : sur 200 petites lignes, on compte moins de 30 voyageurs par train, soit un taux de remplissage d’à peine 25%. Pas vraiment surprenant. Si, jusqu’au milieu du XXe siècle, le train était le seul mode de transport motorisé accessible à tous, donc un élément clé de la cohésion des territoires, le transport routier a ensuite largement pris le relais. Un constat qui, à partir des années 1980, a logiquement conduit la plupart de nos voisins européens à fermer leurs lignes à plus faible trafic. Mais pas en France, où, sur fond de (...) Cliquez ici pour voir la suite