La bourse ferme dans 4 h 13 min

Situation ubuesque pour une PME fabriquant des sacs pour vêtements contaminés

Par Michel Revol
L'entreprise SES est le seul fabricant français de sacs permettant de laver les blouses du personnel soignant sans risque de contamination

L'entreprise SES, située en Haute-Loire, devrait prospérer grâce à l'épidémie de coronavirus. Elle a, au contraire, frôlé le dépôt de bilan.


Jean-Philippe Grail fulmine. Au téléphone, sa voix un peu rugueuse exprime plein de sentiments, la colère, l'abattement, l'incompréhension. Le patron de Stéfany Emballages Services (SES) a du mal à rester calme quand il raconte les déboires à peine croyables de l'entreprise créée par son père, il y a plus de trente ans.

Située à Saint-Pal-de-Mons, à peu près entre Saint-Étienne et Le Puy-en-Velay, la PME fabrique, au moins pour quelques jours encore, plusieurs types d'emballages en polyéthylène pour l'industrie ou la restauration. L'entreprise est surtout l'unique fabricant français d'un produit que les hôpitaux s'arrachent depuis le début de l'épidémie : des sacs pour emballer les vêtements potentiellement contaminés par le coronavirus.

« C'est un produit vital pour les hôpitaux »

Les blouses des médecins et infirmiers, notamment, sont placées dans ces sacs, dont la fermeture fond dans les machines à laver, un peu comme les sachets des pastilles pour lave-vaisselle. L'intérêt, c'est qu'on évite de toucher ces vêtements. « C'est un produit vital pour les hôpitaux », dit Jean-Philippe Grail. Dans l'usine de Saint-Pal, les machines devraient donc tourner à plein régime et les caisses, se remplir. Si les machines tournent, les caisses demeurent quasi-vides. SES est en redressement judiciaire depuis septembre 2019.

La PME de Haute-Loire n'allait pas très bien depuis plusieurs années déjà. Elle a perdu beaucoup d'argent, notamment, en fabriquant des sacs biodégradables pour les grandes surfaces : des concurrents ont cassé le marché en fraudant, c'est-à-dire en vendant des sacs moins chers, mais qui ne respectaient pas les normes.

En 2009, la crise due au virus H1N1 fait aussi du mal à la petite entreprise familiale. Le gouvernement, explique Jean-Philippe (...)

Lire la suite sur LePoint.fr

Coignard – Pénurie de masques : quand viendra l'heure de rendre des comptes
L'Afrique face au Covid-19 : au Nigeria, Aliko Dangote dans la bataille
Relocaliser ? Tentant, mais pas si simple…
Recevez la newsletter Le Point.fr