Ses robots-chirurgiens vont sauver nos cerveaux

Bertin Nahum, président et fondateur de Medtech, conçoit des machines ultraprécises destinées aux opérations chirurgicales délicates. Après les galères et l’expatriation, ce Français d’origine béninoise décolle enfin.

Bertin Nahum a reculé le rendez-vous d’une heure : 8 h 30, «trop matinal» pour lui. Costume et cravate sombres, il s’installe dans un fauteuil de Starbucks, rue de Rivoli, à Paris. Pas de café, une bouteille d’eau. «Vous savez, je ne suis pas un gros bosseur», se justifie, d’une voix grave, l’entrepreneur de 43 ans. En cette fin novembre, il est pourtant venu de Montpellier pour trois jours de congrès de neurochirurgie, au cours desquels il enchaîne rendez-vous professionnels et conférences. Mais, après tout, c’est effectivement Rosa qui fait tout le boulot. Rosa, c’est le robot de Bertin. Pas loin de 75 kilos de câbles et de moteurs, un coffre à roulettes avec un écran tactile, et un grand bras articulé. L’engin guide une aiguille, un scalpel ou un laser avec une précision plus fine que le millimètre. Grâce à quoi il peut jouer les assistants au bloc pour les opérations sensibles – ablation de tumeur au cerveau, intervention sur une colonne vertébrale ou sur un nourrisson –, des gestes chirurgicaux encore inimaginables il y a peu.

Vingt milliards au Nasdaq. Il a fallu trois ans à Bertin Nahum pour mettre Rosa au point. La veille, au premier jour du congrès, les commentaires des médecins à la tribune ont été dithyrambiques : «C’est comme si vous aviez un troisième bras», «Un véritable GPS du cerveau»… «La précision est bluffante, on a vraiment passé un cap», a conclu Stephan Chabardès, un grand nom de la neurochirurgie, pionnier dans le traitement assisté de la maladie de Parkinson. Assis dans un coin, Bertin Nahum savourait son succès en silence.

Depuis que Medtech, sa société, a commercialisé Rosa, en 2009, une quinzaine d’hôpitaux dans le monde ont déjà acquis sa machine, 400 000 euros au tarif catalogue. ...

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