La bourse est fermée
  • CAC 40

    6 739,73
    -336,14 (-4,75 %)
     
  • Euro Stoxx 50

    4 089,58
    -203,66 (-4,74 %)
     
  • Dow Jones

    34 899,34
    -905,04 (-2,53 %)
     
  • EUR/USD

    1,1322
    +0,0110 (+0,99 %)
     
  • Gold future

    1 788,10
    +1,20 (+0,07 %)
     
  • BTC-EUR

    47 939,84
    -459,46 (-0,95 %)
     
  • CMC Crypto 200

    1 365,60
    -89,82 (-6,17 %)
     
  • Pétrole WTI

    68,15
    -10,24 (-13,06 %)
     
  • DAX

    15 257,04
    -660,94 (-4,15 %)
     
  • FTSE 100

    7 044,03
    -266,34 (-3,64 %)
     
  • Nasdaq

    15 491,66
    -353,57 (-2,23 %)
     
  • S&P 500

    4 594,62
    -106,84 (-2,27 %)
     
  • Nikkei 225

    28 751,62
    -747,66 (-2,53 %)
     
  • HANG SENG

    24 080,52
    -659,64 (-2,67 %)
     
  • GBP/USD

    1,3342
    +0,0022 (+0,16 %)
     

"Un scénario à la 50 Nuances de Grey": victime de "viol par surprise" par un faux play-boy, elle témoigne

·4 min de lecture
Victime de
Victime de

Anthony Laroche, 37 ans, décorateur d'intérieur, une belle chevelure, le visage carré, le regard ténébreux... Bref tout pour séduire sur les applications de rencontre où l'homme échangeait avec des dizaines de femmes avant de les inviter à passer chez lui. Mais en réalité derrière ce profil attirant se cachait Jack S., 68 ans.

Après une bataille juridique autour de la définition de la notion de "viol par surprise", le septuagénaire est jugé à partir de ce lundi par la cour criminelle départementale de Montpellier pour trois faits de viol. Il encourt jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle.

"Un scénario à la 50 Nuances de Grey"

En 2015, quand Valérie* rencontre "Anthony Laroche" sur une application de rencontre, c'est le coup de foudre immédiat. Pendant un mois, les deux tourteraux échangent toujours par téléphone. L'homme sait rassurer la jeune femme qui souffre alors d'un burn out. Il lui parle d'amour, de relation fusionnelle, de sentiments qu'il n'avait jamais ressentis jusqu'alors.

Bref, quand Anthony propose à Valérie d'enfin se rencontrer, la jeune femme a envie d'y croire. D'autant que l'homme lui dit vouloir quelque chose "d'unique". Il lui propose un scénario "à la 50 Nuances de Grey", le roman érotique vendu à plus de 130 millions d'exemplaires dans le monde.

"Je devais arriver chez lui, mettre un bandeau, et qu’on se découvre d’une façon comme ça un peu unique, exceptionnelle", explique la victime, évoquant "la voix grave et autoritaire" qui la conduit jusqu'à la chambre à coucher.

"Avec des lunettes et dégarni"

Cette voix lui demande alors de se déshabiller. L'homme lui rappelle que si elle n'obéit pas, c'est qu'elle n'est pas assez éprise de lui. Valérie, mal à l'aise, finit par se soumettre. Elle est attachée au lit, elle a interdiction de le toucher. Mais pendant l'acte sexuel, ce malaise grandit au point qu'elle enlève le bandeau et qu'elle rallume la lumière dans la pièce.

"Sur les photos on voyait quelqu’un avec un style rugbyman, bien sportif, musclé, avec des abdos et le peu de sensation que j’avais, ça ne correspondait pas du tout, décrit Valérie. A un moment donné, je n’ai pas pu résister, j’ai enlevé mon bandeau. Tout était dans le noir. J’allume la lumière, et je vois sur le lit un homme d’une soixantaine d’années, ou plus, avec des lunettes, dégarni. Rien à voir avec le Anthony Laroche."

Valérie n'est pas la seule victime. Trois femmes ont porté plainte contre "Anthony Laroche", identifié comme étant Jack S.. Placé en garde à vue à plusieurs reprises, l'homme dit ne pas comprendre, car toutes les femmes ont accepté de venir dans son appartement et ont accepté les relations sexuelles.

"Vous me dites que dans la définition du viol, le législateur a également prévu la notion de surprise, indépendamment de la violence, de la contrainte et de la menace. Je vous réponds: où est la surprise quand quelqu'un vient spontanément pour vivre quelque chose dont elle a envie?", rétorque-t-il aux enquêteurs, obligé de le relâcher faute de pouvoir prouver la contrainte.

Bataille judiciaire

Débute alors un combat judiciaire autour de cette notion de "viol par surprise". En 2018, le juge d'instruction ordonne le renvoi de Jack S. devant une juridiction pour "viol". L'homme fait appel et obtient gain de cause devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence, qui estime que les éléments constitutifs d'un viol, à savoir "la menace, la contrainte ou la surprise", n'étaient pas établis dans ce dossier. "Dans le cas présent, ce sont les plaignantes qui se rendent volontairement au domicile de Jack S.", notent les magistrats.

La cour de cassation prend elle en 2019 une décision diamétralement opposée. La plus haute juridiction de l'ordre judiciaire français juge que le viol est caractérisé, Jack S. ayant "profité, en connaissance de cause, de l'erreur d'identification commise par une personne pour obtenir d'elle un rapport sexuel". Une erreur d'identification obtenue grâce à "un stratagème minutieusement élaboré."

* Le prénom a été modifié.

Article original publié sur BFMTV.com

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles