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Savoir annoncer de mauvaises nouvelles à ses collègues

Appliquer une décision qu'on désapprouve, c'est souvent le lot des managers de proximité. Jusqu'à quel point peut-on transiger avec ses valeurs ?

Dans l'agence de communication où elle travaillait, Muriel supervisait le travail de deux rédactrices numériques. Problème : faute de clients, il n'était plus possible de leur garantir des missions régulières. L'entreprise, par l'entremise de Muriel, leur manager direct, leur propose un autre poste. L'une d'elles refuse. Muriel est convoquée par son patron : “Il m'a dit : ‘Démerde-toi, fais-la plier’. Mais forcer les gens, ce n'est pas dans mon caractère. Et je la comprenais : elle voulait juste faire son métier. Cela m'a placé dans une situation très stressante, face à une mission impossible.

Pierre, lui, est responsable d'exploitation quand sa direction lui demande de développer une nouvelle activité, sans lui donner les moyens de former ses équipes. “Ils étaient prêts à tout pour économiser. Même si cela exposait les les employés à des risques”, explique-t-il. Comme Muriel ou Pierre, certains dirigeants doivent parfois avaler des couleuvres et mettre en œuvre des décisions qui ne sont pas les leurs, avec lesquelles ils ne sont pas d'accord, voire qui sont en contradiction totale avec leurs valeurs. Une souffrance renforcée par le manque de reconnaissance.

Dure vie que celle d'un manager de proximité placé entre le marteau et l'enclume. Une étude de l'université de Columbia (États-Unis), dirigée par le Dr Seth J. Prins en 2016 et fondée sur l'analyse des témoignages de 22 000 salariés, a montré que les cadres intermédiaires sont les plus touchés par la dépression : 19% des superviseurs et 14% des managers contre 12% parmi les PDG et les ouvriers. Les risques à long terme sont sérieux. Stress, épuisement, surmenage, perte de sens, démotivation, agressivité… “Quand le conflit interne naît du fait qu'on trouve les décisions qui nous sont imposées illogiques, cela va encore”, explique Sébastien Hof, psychologue du travail. En revanche, quand cela touche aux valeurs, à ce qu'on a en soi de plus profond, c’est plus dramatique. Cela revient à se trahir soi-même. Cela peut mener au burn-out, au traumatisme, à la maladie, voire au suicide.

Heureusement, il existe des solutions pour éviter d'en arriver là. Pour commencer,  (...)

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