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Saumon, "secret défense" et "funeste connerie": les coulisses de la réunion entre Macron et chefs de partis

Ludovic MARIN / AFP

Une soirée interminable pour bon nombre de convives. C'est peut-être ce que retiendront les chefs de partis présents ce mercredi soir aux côtés d'Emmanuel Macron à l'école de la Légion d'honneur, réunis pour trouver "ensemble" des compromis autour de futurs textes et lois et ouvrir à la voie à des "projets de référendums".

À peine commencé en milieu d'après-midi, le rendez-vous a tout d'un faux départ. Il manque à l'appel... Éric Ciotti. Si le président des Républicains a eu les honneurs d'un coup de téléphone d'Emmanuel Macron, le député des Alpes-Maritimes est en retard. Une fois que la réunion commence, les participants ont la surprise de découvrir un plan de table aux allures de "en même temps", avec des attelages baroques.

"Signe de confiance"

Jordan Bardella se retrouve ainsi assis à côté d'Olivier Faure, Fabien Roussel est le voisin d'Édouard Philippe.

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Au menu de ces rencontres: trois sujets de discussions sur l'international, les institutions puis l'immigration. Place d'abord à l'Ukraine, carte à l'appui au milieu de la table de réunion, avec des photos classées secret défense puis le coup d'État au Gabon, quelques heures plus tôt. L'exercice est inédit: la diplomatie est le domaine réservé du président.

"Tout le monde a analysé cela comme un signe de confiance" , juge un participant de la majorité présidentielle.

De quoi pousser le quadragénaire à faire entrer la photographe de l'Élysée Soazig de la Moissonnière dans la salle quelques instants, pas plus. Des photos d'Éric Ciotti et de Manuel Bompard assis à quelques centimètres de distance pourraient faire mauvais effet.

Le préférendum, "pas le sujet"

Après pas moins de 4 heures d'échange sur les thématiques internationales et une courte pause, les discussions reprennent. Cap cette fois-ci sur les institutions. Un point fait quasiment consensus: celle d'élire les députés à la proportionnelle - une promesse de campagne de 2017. Si Emmanuel Macron semble ouvert sur le sujet, il est glacial sur la proposition de préférendum lancé par le porte-parole du gouvernement lundi sur BFMTV.

"Je n'ai pas bien compris ce que c'était", lance Marine Tondelier, la présidente des écologistes au président. Réponse du locataire de l'Élysée :"ce n'est pas mon sujet".

Interrogé sur la proposition de Jordan Bardella d'un septennat non-renouvelable, le président cingle encore : "ça a été une funeste connerie de limiter le nombre de mandats présidentiels". Très loin de ses précédentes déclarations sur le sujet.

Saumon, volaille, champignons et fruits rouges

Enfin, pas question d'ouvrir la porte à un éventuel référendum sur l'immigration comme le réclament la droite et le Rassemblement national. Le chef de l'État croit toujours possible l'atterrissage d'un projet de loi en la matière dans les prochains mois à l'Assemblée nationale.

Après presque 6 heures de discussions, seconde pause vers 21h45, avant le dîner. Si la Nupes avait un temps envisagé de boycotter ces agapes, elle a finalement dit oui après avoir eu confirmation qu'il s'agirait bien d'un "dîner de travail". L'Élysée a fait sobre: saumon, volaille, champignons et fruits rouges.

Mais il manque un participant et pas des moindres: le président du Sénat qui a quitté le raout pour des raisons de santé.

"Mais Gérard Larcher est très très en forme, rassurez-vous. Il a même été très aidant avec le président", sourie un convive.

"Pas de grand soir" pour les petits salaires

Dernière pause avant l'ultime ligne droite sur l'autorité et l'immigration. Pas inscrite à l'ordre des jours, la réforme des retraites qui s'applique à partir de ce vendredi s'invite dans les échanges. La Nupes réclame ainsi un référendum sur le recul de l'âge de départ à 64 ans.

Le dirigeant ferme la porte à cette hypothèse: pas question d'opposer "deux légitimités", celle du Parlement d'un côté et celle d'une consultation directe de l'autre.

Pour faire redescendre la tension, le dirigeant dégaine alors la carte en acceptant le principe d'une conférence sociale "sur les carrières et les branches situées sous le salaire minimum". L'annonce ressemble en tout point à celle déjà faite en mars dernier sur TF1. "Ce ne sera pas le grand soir", traduit un chef de parti.

Malgré tout, le président marque des points. "Chacun a pu parler librement et le temps qu'il voulait. Emmanuel Macron a plutôt été attentif", remarque un participant.

"Tout le monde a joué le jeu", se félicite encore Laurent Hénard, le chef du parti radical.

Macron "parti pour deux heures de plus"

Mais l'heure tourne. À presque deux heures du matin, François Bayrou s'agace et lui fait remarquer l'horaire.

"Tout le monde était content qu'il lance le mouvement car le président était parti pour deux heures de plus", sourit un invité.

À la sortie de la réunion, l'Élysée joue la carte de la confiance. L'entourage présidentiel décrit "un grand moment politique et une main tendue fructueuse". La Nupes n'a pas vécu la même soirée. Manuel Bompard, le patron de La France insoumise, assure ainsi avoir "passé 12 heures sur la planète Mars". "On est venu, on a vu et on est déçu", plussoie Marine Tondelier, la numéro 1 des écologistes.

Un boycott possible

Et maintenant? Une lettre résumant le contenu des échanges va être envoyée aux participants dans les prochains jours et pourra être amendée par leurs soins. Un séminaire gouvernemental aura lieu mercredi prochain avant une nouvelle réunion avec les participants, sans date précise pour l'instant.

Y aura-t-il vraiment une suite aux rencontres de Saint-Denis? Dans les rangs des opposants, on en doute sérieusement.

"Si c'est pour faire à nouveau une longue discussion qui ne se traduit par rien, je ne vois effectivement pas l'intérêt de passer encore du temps dans cette discussion", a lâché Manuel Bompard à la sortie de la réunion. On a connu meilleurs augures.

Article original publié sur BFMTV.com