La bourse est fermée

L’inquiétante explosion des coûts du cancer en France

Selon une étude, entre 2004 et 2017, le coût pour traiter les maladies est passé de 20,3 à 28 milliards d’euros. En cause : l’envolée du prix des médicaments faisant planer le risque d’une "médecine à deux vitesses".

L’inventeur du plan cancer en 2003 tire la sonnette d’alarme. Dans le “Journal du Dimanche”, le célèbre oncologue David Khayat, alerte les autorités sur l’explosion des coûts du cancer en France. "Le prix des médicaments s’envole. Le risque d’une médecine à deux vitesses est réel", détaille l’auteur de best-sellers de vulgarisation. Selon une étude menée par le cabinet Asterès, le coût du cancer est en effet passé de 20,3 milliards d’euros en 2004 à 28 milliards d’euros en 2017. Une trajectoire "pas surprenante" selon l’économiste à la tête de l’étude Pierre Bentata qui explique que "la population vieillit et le système de santé, qui nous soigne mieux, est en quelque sorte victime de son succès".

Ce sont les dépenses liées aux soins, et notamment à l’hospitalisation et aux médicaments, qui ont le plus augmenté entre 2004 et 2017. Il y a trois ans, elles atteignaient 16,5 milliards d’euros, soit une hausse de 50% par rapport à 2004. Une hausse qui s’explique par "l’apparition de traitements plus efficaces, mais aussi plus chers et par un plus grand nombre de patients traités", analyse dans le JDD Nicolas Bouzou, président du cabinet Asterès.

Pour calculer le coût direct du cancer, estimé à 18,3 milliards d’euros, l’étude a pris en compte la politique de prévention – 139 millions d’euros pour lutter contre la consommation de tabac ou d’alcool – les dépenses pour le dépistage – 172 millions d’euros pour les mammographies ou les kits de dépistage du cancer du côlon – et la recherche publique, dont le budget est de 694 millions d’euros.

Pour chiffrer le coût indirect, elle a mesuré les pertes économiques liées aux décès précoces. "Nous avons utilisé une notion clé en économie de la santé : celle des années perdues. Cela peut sembler choquant aux yeux du grand public, mais c’est un indicateur très éclairant", détaille Pierre Bentata.

Ainsi, les 2,3 millions (...)

Cliquez ici pour voir la suite

Ce contenu peut également vous intéresser :