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Sandrine Rousseau, héraut de "l'écoféminisme" dans la primaire écologiste

·4 min de lecture
Sandrine Rousseau le 19 septembre 2021 à Paris (AFP/Sameer Al-DOUMY)

L'économiste Sandrine Rousseau, qualifiée au second tour de la primaire écologiste dimanche, se vit comme une ambassadrice de "l'écoféminisme" en mission, après plusieurs années de pause politique à la suite de l'affaire Baupin dont elle a été une figure déterminée.

Revenu d'insertion, réforme de la fiscalité plus égalitaire, "écologie radicale": pour sa campagne, l'ancienne secrétaire nationale adjointe du parti s'est placée d'emblée à gauche toute et "l'assume totalement".

Ce faisant, elle a fait quelques vagues. Elle s'est attiré les foudres de l'équipe de son concurrent Eric Piolle pour avoir accusé le maire de Grenoble de l'avoir "bousculée" lors des Journées d'été de Poitiers mi-août, avant de préciser devant les preuves inverses que l'incident était "symbolique". "Une faute politique", ne décolère pas aujourd'hui un cadre d'EELV.

Dans les médias, elle a été remarquée pour sa combativité qui lui a fait parfois commettre des dérapages, comme quand elle dit qu'avoir de potentiels terroristes afghans en France, "cela nous permet aussi de les surveiller". Une "maladresse", a-t-elle ensuite admis. Et sur le net, elle est devenue la tête de turc des réseaux d'extrême droite qui ont même créé un compte Twitter parodique, "Sandrine Ruisseau".

Pourtant, Sandrine Rousseau se targue de vouloir convaincre sur le fond. Elle prône "l'écoféminisme" qui s'élève, explique-t-elle, contre "le système de violence et d'assignation des femmes s'appliquant aussi sur la nature ou encore les classes populaires".

Son profil politique s'est nourri de son histoire personnelle. En 2016, elle a accusé dans la presse, aux côtés d'autres femmes du parti, l'ancien député de Paris Denis Baupin d'agressions et de harcèlement sexuels. L'affaire, prescrite, a été classée sans suite mais un procès en diffamation intenté par Denis Baupin en avril 2019 a débouché sur sa condamnation pour procédure abusive.

Un an avant la vague mondiale "Me too", l'affaire avait fait grand bruit en France, et le grand public a découvert Sandrine Rousseau par ses larmes sur le plateau d'"On n'est pas couché" sur France 2.

Aujourd'hui, cette brune menue au regard grave dit rester marquée par la "violence" qui s'est déchargée contre sa parole, y compris au sein d'EELV: "Des gens refusaient de me dire bonjour. Il y a quelque chose d'indescriptible qui se coalise contre vous, vous marginalise: je n'étais plus une femme politique, ni une économiste, mais simplement une victime".

- "Au milieu du salon" -

Elle "s'efface" alors de la vie politique et crée l'association "Parler", qui organise des repas pour libérer la parole entre femmes victimes de violences sexuelles. Une initiative qui "m'a beaucoup aidée et aidé beaucoup de femmes", confie Sandrine Rousseau, fière que l'association ait essaimé dans 10 villes en France.

Celle qui est née le 8 mars 1972, de parents contrôleurs des impôts et militants de gauche, entre en politique en 2009 quand elle est démarchée par Europe écologie pour figurer en cinquième position sur la liste Hauts-de-France des élections européennes.

En 2010, elle devient conseillère régionale et vice-présidente de la région Hauts-de-France, chargée de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Elle entre ensuite au bureau exécutif d'EELV où elle deviendra numéro 2.

Sandrine Rousseau vit un échec majeur aux élections régionales de 2015: tête de liste EELV au sein d'une gauche émiettée, elle ne franchit pas la barre des 5% nécessaire au remboursement des frais de campagne.

Ce qui fait ricaner aujourd'hui un cadre EELV auprès de l'AFP: "Elle fait des pieds et des mains pour être tête de liste, la stratégie est contestée au niveau local, ça se passe mal, on doit tous se cotiser pour rembourser, elle disparaît de la vie politique et plusieurs années après elle revient pour dire +Je veux être présidente de la République+".

"Elle est motivée et motivante. Elle a assez de courage pour aller au bout des choses", affirme Stéphanie Bocquet, conseillère municipale à Lille et l'un de ses soutiens de la première heure.

Alexis Braud, lieutenant de Yannick Jadot, voit dans cette "amie", en faveur de laquelle il a témoigné à son procès, "quelqu'un de très déterminé, de très fort". C'est aussi, selon lui, "une intellectuelle qui a réellement la pensée globale qui convient à l'écologie".

bap/adc/or

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