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Salaires, assurance chômage, retraites: les syndicats donnent de la voix

·4 min de lecture

Salariés et chômeurs sont appelés à faire grève et à manifester mardi dans toute la France pour exiger des "réponses urgentes", notamment sur la question des salaires, et remettre les questions sociales au cœur du débat, à un peu plus de six mois de la présidentielle.

"On a besoin de réponses urgentes maintenant (...) Quand il y a du monde dans la rue, cela pèse", a déclaré le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez sur LCI lundi. "Il n'est pas question d'attendre le prochain président de la République pour y répondre", a-t-il insisté dans une interview aux Echos mardi. "Quand je vais dans les entreprises, on me parle de salaire, pas d'immigration".

Quelque 200 points de rassemblement sont prévus partout en France, selon Céline Verzeletti, secrétaire confédérale de la CGT. "C'est une première indication qui est positive pour nous", s'est-elle félicitée. A Marseille, un cortège a rassemblé plusieurs milliers de personnes en fin de matinée, a constaté une journaliste de l'AFP. A Grenoble, les manifestants étaient 1.400 selon la police.

La grève est cependant assez peu suivie dans les transports, la SNCF ayant prévu un trafic "normal" pour les TGV, et "quasi normal" pour les TER, sauf en Normandie où il sera "perturbé".

À la RATP, le trafic était normal sur les réseaux métro, RER (A et B) et tramway, sauf le tramway T3 A qui était très perturbé.

A Paris, où les tractations avec la préfecture ont été difficiles, le cortège partira de la place de la République à 14H00 en direction d'Opéra, avec une dispersion prévue à l'angle de la rue La Fayette et de la rue de la Chaussée d'Antin. "Plusieurs milliers de personnes sont attendues", selon une source policière.

- "Surenchère" -

Les syndicats CGT, FO, Solidaires, FSU, ainsi que les organisations de jeunesse Fidl, MNL, Unef et l'UNL, avaient appelé à cette journée interprofessionnelle de grève et de manifestation le 30 août.

Ils affirment dans un texte commun "l'urgence de revaloriser les grilles de classifications des branches professionnelles, d'augmenter le Smic, le point d'indice de la fonction publique, les pensions, les minima sociaux et les bourses d'étude".

Le secrétaire général de Force ouvrière, Yves Veyrier, a ainsi cité mardi sur France Info comme une "revendication majeure" la "revalorisation d'ampleur de tous les emplois scotchés au Smic, sans perspectives d'évolution, souvent à temps partiel, en contrats précaires", notamment les "emplois de services à la personne".

Cinq des neuf syndicats représentatifs de la fonction publique ont mis l'accent sur la question des salaires lors d'une conférence de presse lundi. "Il y a une urgence salariale dans la fonction publique et dans le monde du travail", a jugé Gaëlle Martinez, de Solidaires Fonction publique.

L'inflation (+2,1% sur un an en septembre selon une estimation provisoire de l'Insee jeudi) et les bons résultats des entreprises du CAC 40 au premier semestre, supérieurs à ceux de 2019, ont remis sur le haut de la pile cette question, souligne Mme Verzeletti.

A Marseille, les revendications salariales étaient largement mises en avant par les manifestants, parmi lesquels les employés du secteur médical ou médico-social étaient nombreux.

Selon Ahamada Adjibou, éducateur de personnes handicapées et délégué FO, "plus personne ne veut venir travailler dans l'associatif médico-social, vu les petits salaires (1.800 euros net pour un éducateur avec 10 ans d'expérience). Résultat: on prend des intérimaires, ce qui est désastreux pour les patients suivis qui ont besoin de continuité".

Partout en France, les rangs des manifestants devraient être grossis par les opposants à la réforme de l'assurance chômage, entrée en vigueur vendredi, et qui aboutit à réduire les indemnités des chômeurs "permittents", enchaînant contrats courts et périodes de chômage.

L'ensemble des syndicats devraient déposer des recours contre la réforme cette semaine, et notamment le premier d'entre eux, la CFDT, qui n'a cessé de la dénoncer mais ne se joindra pas aux manifestants mardi.

Autre point de vigilance, la question des retraites, qui continue de planer sur la fin de mandat d'Emmanuel Macron et sera un sujet incontournable de la campagne présidentielle.

La question du pass sanitaire fait aussi partie des mots d'ordre. Même si la CGT n'a pas appelé à défiler au côté des opposants au pass lors de leurs manifestations du samedi, elle est hostile à cet instrument et à la vaccination obligatoire, des "mesures liberticides".

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