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Safran: les déboires du 737 Max réduisent la visibilité

(CercleFinance.com) - L'annonce de la 'suspension' prochaine de la production du 737 Max, l'un des avions civils phare de l'américain Boeing, fait plusieurs victimes à la Bourse de Paris. Dont l'action Safran, qui perd plus de 1% et se retrouve dans les plus fortes baisses du CAC 40.

Hier en effet, Boeing a annoncé la suspension de la production de son moyen-courrier 737 Max, qui à ce jour sort de ses chaînes de montage à hauteur d'une quarantaine d'avions par mois. Pour l'instant, les appareils s'accumulent (il y en a environ 400) sur les aires de stockage, faute de pouvoir être livrés aux clients. En cause : toujours les accidents subis par l'appareil et les incertitudes qui les accompagnent. A compter de janvier, le 737 Max ne sera plus produit en attendant - et en espérant - que la situation ne se dégage.

En effet la FAA, l'autorité américaine de l'aviation civile, ne devrait pas certifier l'appareil avant l'année prochaine. Même si Boeing se veut rassurant et précise qu'aucune suppression de postes n'est envisagée pour l'instant, ce qui pourrait vouloir dire qu'il anticipe un 'feu vert' assez rapidement, peut-être dans les premiers mois de 2020. Reste qu'aucun calendrier n'est fourni.

L'enjeu est d'importance : 'Dans le pire des scénarios, Boeing pourrait devoir abandonner la production du 737 Max si un nouveau problème devait survenir. Les compagnies aériennes pourraient en effet être confrontées au refus des clients d'embarquer dans les appareils', expliquent les spécialistes d'Aurel BGC ce matin.

Dans un tel contexte, les incertitudes pesant sur les fournisseurs de Boeing ne font qu'augmenter. Ce qui peut expliquer, ce midi à la Bourse de Paris, les baisses marquées d'équipementiers aéronautiques comme Lisi (- 8%, pour une valeur de 1,6 milliard d'euros) et surtout le géant Safran (- 3,5%), membre du CAC 40 capitalisant plus de 55 milliards d'euros.

A en croire les analystes d'Oddo BHF, 'la suspension de la production du Max soulève de nombreuses questions', puisqu'il s'agit d'un 'programme critique pour Safran'. Tout d'abord, Boeing ne donne pas d'indication de date de reprise de la production de l'avion, ce qui 'peut inquiéter sur l'ampleur du décalage désormais anticipé à la fois du côté des autorités de certification, mais aussi sur la remise en service des avions stockés', indique une note. De quoi alimenter les pires craintes au sujet du 737 Max.

De ce fait, ajoutent les spécialistes, 'les sous-traitants seront de leur côté fortement affectés.' Safran, qui 'motorise' les 737 Max avec la version 1B du réacteur LEAP de sa coentreprise CFM International, en fait partie, sans oublier les sièges de l'ex-Zodiac 'Nous estimons que le coût cash (de la décision de suspension de Boeing) devrait dépasser 200 millions d'euros par mois', calcule Oddo BHF.

'L'excellente qualité du titre demeure mais la visibilité réduite sur un programme majeur ne permet pas d'adopter une recommandation plus agressive sur le titre', conclut Oddo BHF, qui demeure neutre sur l'action Safran en visant 147 euros.

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