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La Russie se vide de ses élites

S. Aivazov/AP/Sipa

L'importante vague d'émigration liée au déclenchement de la guerre compte de nombreux jeunes, éduqués et actifs. Une saignée dont le pays aura du mal à se remettre.

Personne ne sait exactement combien de Russes ont quitté leur pays depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. Les estimations varient de 150.000 à 300.000 personnes. Ce n'est pourtant pas tant le nombre d'exilés qui compte, mais qui ils sont. Majoritairement composée de personnes jeunes, éduquées et actives, la diaspora représente l'élite intellectuelle russe. Ces exilés ont emporté avec eux leurs habitudes, leurs réseaux et leurs valeurs. Leur départ aura un profond impact à la fois sur la Russie et sur les pays dans lesquels ils se sont établis.

La plupart sont partis dès les deux premières semaines de guerre, parce qu'ils avaient peur et qu'ils se sentaient étouffer sous un régime qui ne tolère aucune voix discordante. S'ils ont eu l'impression de partir de manière spontanée, leur départ faisait en réalité partie d'une "opération spéciale" du Kremlin. En faisant courir le bruit d'une possible conscription et en envoyant des gros bras harceler activistes et journalistes, les autorités voulaient chasser tous ceux qui s'opposaient publiquement à la guerre.

Un gros quart des exilés sont partis en Géorgie, un autre quart vers Istanbul et environ 15% en Arménie - trois pays qui ne demandent pas de visa pour les citoyens russes. D'après une étude réalisée en mars, près de la moitié d'entre eux travaillent dans l'informatique, 16% sont des cadres supérieurs, 16% étaient actifs dans les arts et la culture. Les conséquences de cette vague d'émigration sur l'avenir de la Russie seront probablement bien plus grandes que ce que semble suggérer le nombre des exilés.

Historien de la culture à l'université d'Oxford, Andrei Zorin rappelle que la fuite de l'élite occidentalisée à la suite de la révolution bolchevique de 1917 fut partiellement compensée par la promotion des enfants les plus brillants de la paysannerie russe, avides de recevoir une éducation. A ces jeunes paysans sont venus s'ajouter des groupes ethniques minoritaires: Arméniens, Géorgiens et ressortissants de[...]

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