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Russie: près de 200 personnes arrêtées lors des manifestations pour la libération d'Alexeï Navalny

Mélanie Rostagnat avec AFP
·3 min de lecture

Incarcéré dès son retour en Russie, le militant anti-corruption a invité ses partisans à manifester ce samedi partout dans le pays.

Des dizaines de personnes ont été arrêtées ce samedi en Russie en marge des manifestations organisées à travers le pays à l'appel des partisans de l'opposant Alexeï Navalny pour exiger sa libération, en dépit des multiples pressions des autorités.

De Moscou à Novossibirsk, l'équipe du célèbre militant anti-corruption, victime d'un empoisonnement cet été, a publié des appels au rassemblement dans 65 villes russes. Les premières manifestations ont eu lieu ce samedi dans l'Extrême-Orient russe et en Sibérie, où plusieurs milliers de personnes sont descendues dans la rue notamment à Vladivostok, Khabarovsk et Tchita, face à d'importants effectifs de la police anti-émeutes déployés sur les lieux, selon les partisans de l'opposant.

Quelque 200 protestataires avaient déjà été arrêtés dans 20 villes russes vers 8h30, heure locale, selon l'ONG OVD-info, spécialisée dans le suivi des interpellations en marge des manifestations.

A Moscou, où la mobilisation de l'opposition est habituellement la plus forte, les protestataires doivent se réunir à 11 heures sur la place Pouchkine, puis défiler le long d'une rue centrale de la capitale en direction du Kremlin. La police moscovite a d'ores et déjà promis de "réprimer sans délai" tout rassemblement non autorisé. Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a dénoncé des manifestations "inacceptables" en pleine pandémie de coronavirus.

Craintes d'arrestations massives

Les autorités n'ayant pas autorisé ces rassemblements, les protestataires s'exposent partout en Russie à des arrestations brutales et à des poursuites judiciaires. Les précédents grands rassemblements de l'opposition à Moscou, pendant l'été 2019, avaient entraîné des milliers d'interpellations de manifestants pacifiques.

Comme en 2019, la police russe a interpellé cette semaine, en amont des mobilisations, des alliés de premier plan d'Alexeï Navalny dont deux ont été condamnés vendredi à de courtes peines de prison. En région, plusieurs coordinateurs de son mouvement ont été arrêtés après avoir appelé à manifester samedi.

Placé en détention jusqu'au 15 février au moins et visé par plusieurs procédures judiciaires, Alexeï Navalny, 44 ans, a été appréhendé dimanche dernier, dès son retour d'Allemagne, après cinq mois de convalescence.

Fin août, il était tombé gravement malade en Sibérie et avait été hospitalisé en urgence à Berlin, victime, selon lui, d'un empoisonnement des services secrets russes à un agent neurotoxique. Trois laboratoires européens avaient également conclu à un empoisonnement, ce que Moscou dément fermement, dénonçant un complot.

Une guerre sur les réseaux sociaux

Dès l'arrestation d'Alexeï Navalny, condamnée par les puissances occidentales, ses soutiens ont appelé à manifester pour sa libération. Des milliers d'appels à la protestation ont été relayés cette semaine sur les réseaux sociaux, où l'opposant jouit d'une visibilité importante, alors qu'il est largement ignoré des grands médias d'Etat russes.

Pour limiter ces appels à manifester, le gendarme russe des télécommunications Roskomnadzor a menacé d'amendes les plateformes TikTok et Vkontakte (VK), l'équivalent russe de Facebook. Alors qu'une enquête a été ouverte pour "incitation à des actes illégaux auprès de mineurs", le ministère de l'Education a appelé les parents à "empêcher" leurs enfants de rejoindre des manifestations.

L'équipe d'Alexeï Navalny a tenté de galvaniser ses troupes en publiant mardi une enquête retentissante sur une somptueuse propriété dont serait bénéficiaire le président Vladimir Poutine. Baptisée "le palais de Poutine", cette demeure luxueuse sur les bords de la mer Noire aurait coûté, selon l'opposant, plus d'un milliard d'euros et aurait été financée par des proches du président. Des accusations rejetées par le Kremlin.

Article original publié sur BFMTV.com

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