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Un Russe soupçonné d'escroquerie au bitcoin mis en examen en France

Le Russe Alexander Vinnik à Thessalonnique, le 4 octobre 2017

Paris (AFP) - Le Russe Alexander Vinnik, soupçonné d'escroquerie et blanchiment d'argent sur une plateforme d'échange de bitcoin, a été mis en examen jeudi après avoir été remis à la justice française par les autorités grecques, a-t-on appris vendredi de source judiciaire.

Cet homme de 40 ans, accusé d'avoir escroqué plus de cent personnes dans six villes françaises entre 2016 et 2018, a été remis aux autorités judiciaires françaises en exécution d'un mandat d'arrêt européen décerné par un juge d'instruction parisien.

Présenté à la justice dès son arrivée en France jeudi soir, il a été mis en examen pour "extorsion en bande organisée", "blanchiment aggravé", "association de malfaiteurs" et "atteinte un système de traitement automatisé de données en bande organisée", a précisé la source judiciaire.

Le ministre grec de la justice Kostas Tsiaras avait décidé le 20 décembre l'extradition d'Alexander Vinnik vers la France. Mais l'accusé avait aussitôt déposé un recours auprès du Conseil d’État grec et entamé une grève de la faim pour protester.

Après le rejet de son recours, il est finalement arrivé sur le territoire français sous haute escorte, via l'aéroport du Bourget, selon une source proche du dossier.

M. Vinnik, au cœur d'un bras de fer judiciaire et diplomatique, avait été arrêté en Grèce en juillet 2017 dans la station touristique de Chalcidique (nord). Il est mis en cause pour de multiples malversations financières, notamment via la plateforme d'échange de bitcoin BTC-e.

Également réclamé par Washington et par Moscou, il souhaitait être extradé vers la Russie, où les faits qui lui sont reprochés sont d'une ampleur bien moindre que les affaires de blanchiment et d'escroquerie pour lesquelles les États-Unis et la France veulent l'entendre.

Mais le mandat européen a priorité pour la Grèce, pays membre de l'Union européenne.

BTC-e, fondée en 2011, est devenue l'une des plus grandes plateformes d'échange de monnaies virtuelles. Selon la justice américaine, elle a joué un rôle dans des extorsions en ligne et autres activités de cybercriminalité.