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Royaume-Uni: ce que l'on sait du meurtre du député britannique David Amess

·7 min de lecture
Le député conservateur a été tué à l'arme blanche ce vendredi alors qu'il était en déplacement dans sa circonscription, dans l'Essex, à l'est de Londres. - BFMTV
Le député conservateur a été tué à l'arme blanche ce vendredi alors qu'il était en déplacement dans sa circonscription, dans l'Essex, à l'est de Londres. - BFMTV

Le Royaume-Uni est encore sous le choc. David Amess, député conservateur britannique de 69 ans, a été tué à l'arme blanche ce vendredi dans l'église méthodiste où il recevait ses administrés pendant une permanence parlementaire à Leigh-on-Sea, à environ 60 km à l'est de Londres.

Sur place, un homme britannique de 25 ans, d'origine somalienne, a été immédiatement arrêté par la police. D'après les premiers éléments de l'enquête, il s'agit d'un acte terroriste potentiellement lié à "l'extrémisme islamiste" du suspect.

· Que dit l'enquête?

Selon les premiers éléments de l'enquête, la mort du parlementaire est un acte terroriste. La police a publié un communiqué dans la nuit de vendredi à samedi détaillant les possibles motivations de l'assaillant:

"Les premiers éléments de l'enquête ont révélé une motivation potentielle liée à l'extrémisme islamiste", pouvait-on lire.

Peu après midi vendredi, c'est la police d'Essex qui était intervenue en premier sur les lieux de l'incident, à Eastwood Road, dans la commune de Leigh-on-Sea. Les forces de l'ordre avaient été informées "d'un coup de couteau" au sein d'une église:

"La réponse des services d'urgence à cet incident a été immédiate et nos agents sont arrivés sur place en quelques minutes" détaillait dans un point-presse le chef de la police d'Essex Ben-Julian Harrington.

Les agents de la police d'Essex ont trouvé le député britannique blessé à plusieurs endroits, et les médecins déployés sur place ne sont pas parvenus à le ranimer. Il a succombé à ses blessures sur les lieux du drame. Selon le Daily Mail, David Amess aurait reçu douze coups de couteau au total. D'après des témoins cités par le quotidien britannique, l'agresseur aurait attendu "calmement" dans une file d'attente de voir le député, avant de lui asséner les coups de couteau.

La BBC déclare que l'homme interpellé et mis tout de suite en garde à vue est un ressortissant britannique de 25 ans, qui, selon les premiers éléments de l'enquête, serait d'origine somalienne.

La police avait indiqué vendredi qu'elle ne recherchait aucun autre suspect à part lui, et qu'il aurait vraisemblablement agi seul. Mais deux adresses de la région de Londres sont actuellement en train d'être fouillées par les enquêteurs. Selon The Times, la police avait déjà exprimé par le passé son inquiétude au sujet de personnes qui se seraient radicalisées durant le confinement et qui pourraient agir seules.

· Qui était la victime?

Membre du Parti conservateur du Premier ministre Boris Johnson, David Amess était un visage bien connu de Westminster. Il était un habitué des bancs verts de la Chambre des Communes qu'il fréquentait depuis près de quarante ans après avoir été élu une première fois en 1983 dans la circonscription de Basildon, à une quarantaine de kilomètres à l'est de Londres. Il avait ensuite représenté à partir de 1997 la circonscription voisine de Southend West.

Fervent défenseur du Brexit, David Amess avait fait du bien-être animal son cheval de bataille principal lors de ses joutes verbales au Parlement. Opposé aux tests faits sur les animaux, il était d'ailleurs l'un des rares députés conservateurs favorables à l'interdiction de la chasse au renard.

Né dans la banlieue-est de Londres en 1952 et issu d'un milieu modeste, David Amess a étudié l'économie et la politique et travaillé comme enseignant puis consultant en recrutement avant d'entrer en politique. Mais malgré sa longue expérience en tant que parlementaire, il n'a jamais été ministre et restait assez peu exposé médiatiquement.

"Il était très apprécié des députés et du personnel, et au cours de ses presque quatre décennies ici, il s'est bâti une réputation de gentillesse et de générosité", a réagi dans un communiqué le président de la Chambre des Communes, Lindsay Hoyle, "choqué" par ce drame.

Très religieux, David Amess était de confession catholique et fermement opposé à l'avortement. Il fut aussi favorable au rétablissement de la peine de mort. L'archevêque de York Stephen Cottrell, a souligné la "foi chrétienne profondément ancrée" de celui qu'il considérait comme un "ami".

De nombreux parlementaires ont rappelé que David Amess était très "dévoué à sa famille", son épouse Julia, qui travaillait à ses côtés en tant qu'assistante, et leurs cinq enfants.

· Comment réagit la classe politique?

Les réactions ne se sont pas faites attendre vendredi. Le paysage politique, de tous bords, a exprimé sa profonde tristesse après l'assassinat brutal d'un parlementaire reconnu. Le Premier ministre Boris Johnson a fait part de sa "tristesse" et de son "choc" dans une brève intervention télévisée.

C'est "un jour tragique pour notre démocratie", a tweeté l'ex-Première ministre conservatrice Theresa May. Et son prédécesseur David Cameron a salué de son côté la mémoire du "député le plus engagé que vous puissiez espérer rencontrer". Les drapeaux ont été mis en berne au Parlement et à Downing Street.

Après la classe politique, la famille royale a également commenté ce drame. Kate et William ont réagi ce vendredi soir sur Twitter:

"Nous sommes choqués et attristés par le meurtre de Sir David Amess, qui a dédié quarante années de sa vie pour servir sa communauté", peut-on lire sur le compte du duc et la duchesse de Cambridge, "nos pensées et nos prières vont vers sa famille, ses amis et ses collègues".

Un hommage ému a été rendu vendredi soir à David Amess dans une église de Leigh-on-Sea en présence d'une centaine de personnes. Des fleurs ont aussi été déposées près de sa permanence parlementaire.

· Un problème de sécurité des élus?

Cet événement est particulièrement traumatisant pour le Royaume-Uni, et les Britanniques se posent encore des questions sur la sécurité de leurs élus. Car le meurtre de David Amess n'est pas une première dans le pays, et tous ont en mémoire l'assassinat en pleine rue en 2016 de la députée europhile Jo Cox par un sympathisant néonazi, une semaine avant le référendum sur le Brexit.

La fondation Jo Cox, qui porte le nom de la parlementaire assassinée en 2016, a fait valoir que "tous les élus méritent d'être en sécurité". "Violence et injures contre eux sont inacceptables" et "mettent en danger les gens et leurs familles", ainsi que "la démocratie", a-t-elle souligné.

Dans un ouvrage paru en novembre l'an dernier dans lequel il évoquait le meurtre de Jo Cox, qu'il jugeait inconcevable au Royaume-Uni, David Amess avait estimé que les inquiétudes sur la sécurité des élus venaient "gâcher la tradition britannique" qui veut que "les gens puissent rencontrer leurs élus". Car au Royaume-Uni, les députés ont pour habitude de rencontrer les habitants de leur circonscription et de récupérer leurs réclamations lors de visites, comme celle de David Amess dans l'église vendredi.

Et les chiffres de la police traduisent malheureusement d'une augmentation des actes de délinquance envers les parlementaires. En 2019, Scotland Yard avait évoqué une augmentation de 126% entre 2017 et 2018 et une hausse de 90% dans les quatre premiers mois de 2019.

La ministre de l'Intérieur Priti Patel "a demandé à toutes les forces de police de revoir les dispositions de sécurité pour les députés avec effet immédiat", a fait savoir son porte-parole. Priti Patel a rencontré des représentants de la police et des agences de sécurité et de renseignement et s'est également entretenue avec le président de la Chambre des Communes, Lindsay Hoyle.

Se joignant aux hommages à l'égard d'un homme "dévoué à sa famille, au Parlement et à sa circonscription", Lindsay Hoyle a également annoncé un examen "dans les jours qui viennent" des mesures de sécurité concernant les parlementaires.

En 2010, le député travailliste Stephen Timms avait été poignardé à plusieurs reprises, mais s'était remis de ses blessures qui auraient pu lui coûter la vie. En janvier 2000, c'était le député (libéral-démocrate) Nigel Jones qui avait été blessé et son assistant tué par un homme armé d'un sabre au cours d'une permanence parlementaire à Cheltenham, dans l'ouest de l'Angleterre.

Article original publié sur BFMTV.com

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