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Le Royaume-Uni dévoile un budget post-Brexit parasité par le coronavirus

Jean-Baptiste OUBRIER
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Le ministre britannique des Finances Rishi Sunak montre la boîte rouge du budget devant le 11 Downing Street, le 11 mars 2020 à Londres

Londres (AFP) - Le gouvernement britannique dévoile mercredi son premier budget post-Brexit en pleine crise du coronavirus, ce qui devrait changer ses plans et le contraindre à des mesures d'urgence pour éviter une sortie de route de l'économie.

Le défi est de taille pour le ministre des Finances Rishi Sunak qui n'aura eu qu'un mois depuis sa prise de fonction pour préparer un budget censé tourner la page de l'austérité et répondre aux promesses du Premier ministre Boris Johnson.

Voici cinq points à suivre lors du discours du ministre prévu à 12H30 GMT à la Chambre des communes du Parlement britannique.

Coronavirus

C'est le principal sujet sur lequel est attendu le gouvernement.

Le coronavirus, qui a contaminé une ministre déléguée à la Santé britannique, grippe depuis plusieurs semaines les chaînes d'approvisionnement des entreprises, préoccupe la puissante City, plombe le tourisme et effraie les consommateurs qui se ruent dans les supermarchés pour stocker des denrées.

Le Chancelier de l'Echiquier est "dans une position difficile face à des mouvements spectaculaires sur les marchés et une situation fluctuante", prévenait sur la radio BBC 4 mardi l'ex-ministre des Finances Philip Hammond.

"Le budget est l'occasion de baisser les coûts pour les entreprises et de soutenir l'investissement pour doper la reprise après l'épidémie", estime Tej Parikh, économiste au sein de l'organisation patronale IoD (Institute of Directors).

Le gouvernement pourrait par exemple octroyer des reports de TVA, après avoir déjà promis d'indemniser les travailleurs indépendants malades du coronavirus.

Prévisions économiques

Le premier budget pour le Royaume-Uni depuis 18 mois, compte tenu des reports engendrés par le Brexit et les élections, sera l'occasion pour les pouvoirs publics de dévoiler leurs prévisions économiques.

La tâche sera ardue puisque l'économie semblait frémir en ce début d'année grâce à un regain de confiance lié aux éclaircissements sur le Brexit, avant que le coronavirus ne vienne assombrir le paysage, limitant par là-même les marges de manœuvre budgétaire.

L'OCDE a déjà abaissé sa prévision de croissance à 0,8% en 2020, année cruciale pour les négociations sur la future relation commerciale entre Bruxelles et Londres.

Déluge de dépenses

Boris Johnson a promis pendant les législatives de décembre de rééquilibrer l'économie des régions les plus défavorisées, particulièrement le nord et le centre où il a marqué des points dans d'ex-bastions travaillistes.

Le Premier ministre va dépenser des milliards de livres pour la santé, l'école, la police ou le haut débit, mais reste à voir dans quelle mesure une partie des sommes pourrait aller davantage au soutien à l'économie face au coronavirus, quitte à différer la réalisation de certaines promesses.

Boris Johnson a en outre décidé d'augmenter le salaire minimum et de relever les niveaux de salaires à partir desquels les Britanniques contribuent au financement des aides sociales.

Taxes

Si le Chancelier devrait rester fidèle aux pratiques des conservateurs et éviter d'augmenter massivement les taxes, Downing Street a déjà renoncé à une baisse d'impôt sur les sociétés prévue l'an prochain afin de financer le système de santé NHS.

De leur côté, les commerçants appellent de leurs vœux une baisse de la taxe sur les locaux commerciaux, ce qu'a promis Boris Johnson afin d'aider les distributeurs qui souffrent de l'essor des ventes en ligne.

Infrastructures et climat

Le gouvernement a choisi de repousser la publication de sa stratégie dans les infrastructures, malgré sa promesse de mener une "révolution" en la matière. Ces mesures, estimées à quelque 100 milliards de livres, doivent aider le pays à respecter son objectif de neutralité carbone d'ici 2050.

Rishi Sunak pourrait toutefois annoncer un assouplissement des règles budgétaires permettant de porter à plus de 3% du PIB les dépenses dans les infrastructures, de quoi financer la très coûteuse ligne de train à grande vitesse HS2 ou les projets ferroviaires dans le nord de l'Angleterre.

Enfin, les associations de défense de l'environnement espèrent que le ministre dévoilera quelques mesures ciblées, comme une taxe carbone élevée ou des incitations pour acheter des voitures électriques.