La bourse est fermée

Comment Rome sape les ambitions de Macron pour l’Europe

La tendance eurosceptique qui règne en Italie va durcir les relations avec Bruxelles et ralentir les projets voulus par le couple franco-allemand.

Malgré les efforts du président de la République Sergio Mattarella, l’Italie peine à se trouver un gouvernement, face à un avenir politique semé d’incertitudes. Et pour cause : les législatives du 4 mars ont brouillé les pistes et glacé Bruxelles. Ce jour-là, un électeur sur deux a voté pour un des partis qui considère l’Union européenne comme responsable des malheurs de la Péninsule. Le mouvement populiste anti-système Cinq étoiles (M5S) a recueilli 32 % des voix, le parti d’extrême droite, la Ligue, 18 %.

La crise migratoire explique en partie le désenchantement de nos voisins. Seuls aux manettes pour gérer l’afflux de près de 700 000 migrants sur leurs côtes en cinq ans, ils ont le sentiment d’avoir été abandonnés par leurs partenaires. La stagnation qui plombe l’économie depuis une décennie, la progression de la pauvreté et le chômage endémique chez les jeunes ont achevé de les décourager. Résultat, la cote d’amour pour l’Union européenne ne cesse de dégringoler (voir graphique). Leader de la Ligue, Matteo Salvini, n’a eu qu’à souffler sur les braises : ouvertement europhobe, il a fait campagne pour en finir avec l’euro - qui « fut une erreur ». Il réclame une révision des traités et affiche sa proximité avec les pays so[...]

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