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Repli en vue à Wall St, les rendements montent encore

par Marc Angrand
·4 min de lecture
LES BOURSES EUROPÉENNES EN ORDRE DISPERSÉ À MI-SÉANCE

par Marc Angrand

PARIS (Reuters) - Wall Street est attendue en repli jeudi après sa forte hausse de la veille et les Bourses européennes évoluent en ordre dispersé à mi-chemin d'une séance animée par une nouvelle pluie de résultats de sociétés, à laquelle s'ajoutent les dernières déclarations des responsables des grandes banques centrales, la hausse des cours des matières premières et celle continue des rendements obligataires.

Les contrats à terme sur les principaux indices new-yorkais signalent une ouverture en baisse symbolique pour le Dow Jones mais en recul d'environ 0,3% pour le Standard & Poor's 500 et 0,9% pour le Nasdaq.

À Paris, le CAC 40 gagne 0,08% à 5.802,57 points vers 12h00 GMT, au plus haut depuis un an, et à Londres, le FTSE 100 prend 0,23% alors qu'à Francfort, le Dax recule de 0,28%.

L'indice EuroStoxx 50 abandonne 0,06% et le FTSEurofirst 300 0,09% alors que le Stoxx 600 grappille 0,05%.

L'indice mondial MSCI se dirige quant à lui vers une troisième séance consécutive de hausse, grâce entre autres aux déclarations jugées rassurantes de Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale, sur les perspectives inflationnistes, qui ont fait gagner plus de 1% à Wall Street mercredi.

Isabel Schnabel et Philip Lane, deux membres du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), ont pris le relais en assurant que l'institution surveillait de près l'évolution des taux et qu'elle était déterminée à agir en cas de besoin.

A Wall Street, la séance sera animée entre autres par la deuxième estimation du produit intérieur brut (PIB) américain au quatrième trimestre et par les chiffres hebdomadaires des inscriptions au chômage, attendus à 13h30 GMT.

VALEURS EN EUROPE

La plus forte hausse sectorielle à mi-séance en Europe est pour le compartiment de l'énergie, qui profite des plus hauts de 13 mois inscrits par les prix du pétrole: son indice Stoxx gagne 1,63%, Total 1,3% et BP 2,14%.

Les banques bénéficient quant à elles à la fois des espoirs de reprise économique et de la remontée des rendements obligataires: le secteur s'adjuge 1,32%, Crédit agricole 1,97%, Deutsche Bank 4,22%, ING 1,58%.

Dans l'actualité des résultats, Axa prend 3,96% après avoir dépassé les attentes sur sa trésorerie et sa solvabilité [L8N2KV4T0] tandis que Bayer (-4,05%) souffre de l'annonce d'une perte nette annuelle de 10 milliards d'euros.

La meilleure performance de l'EuroStoxx 50 est pour Nokia (+8,29%), qui bénéficie des rumeurs de reprise d'achats massifs d'investisseurs individuels sur des valeurs visées par des vendeurs à découvert, comme GameStop ou AMC à Wall Street.

TAUX

Les déclarations des responsables de banques centrales, qu'il s'agisse de la Fed ou de la BCE, ne freinent que très momentanément la remontée des rendements obligataires de référence, signe que le thème de la "reflation" est loin d'être abandonné par les investisseurs.

Celui des bons du Trésor américain à dix ans prend ainsi plus de six points de base à 1,4544%, au plus haut depuis un an, et son équivalent allemand, référence pour la zone euro, affiche une hausse de plus de cinq points à -0,247%, son meilleur niveau depuis 11 mois.

Le dix ans français, lui, est repassé en territoire positif pour la première fois depuis juin dernier.

CHANGES

Les signaux accommodants très clairs envoyés par la Fed font reculer le dollar, qui cède 0,43% face à un panier de devises de référence et est tombé à son plus bas niveau depuis début janvier.

Le billet vert a même inscrit des plus bas de trois ans face au dollar australien et au dollar canadien, qui bénéficient de la hausse des cours des matières premières.

L'euro remonte à 1,2226 dollar (+0,51%), son meilleur niveau depuis le 8 janvier.

PÉTROLE

Le marché pétrolier réduit ses gains mais reste proche de ses plus hauts de plus de 13 mois, profitant à la fois de la perspective du maintien de taux bas par la Fed et de la forte baisse de la production aux Etats-Unis provoquée par la vague de froid de la semaine dernière.

Le Brent gagne 0,24% à 67,20 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) prend 0,32 % à 63,42 dollars. L'un et l'autre ont atteint auparavant leur plus haut niveau depuis le 8 janvier 2020, à 67,70 et 63,79 respectivement.

(Marc Angrand, édité par Blandine Hénault)