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RDC: la déforestation au menu du conseil des ministres

·1 min de lecture

Un pas dans la bonne direction et beaucoup d'attentes côté défenseurs de l'environnement en RDC. Vendredi dernier, en conseil des ministres, le président Félix Tshisekédi a demandé la suspension de tous les contrats « douteux » en matière de concessions forestières. Il a demandé à sa ministre de l'Environnement, Eve Bazaïba, d'en dresser la liste et de la présenter lors du prochain conseil des ministres, ce vendredi 22 octobre.

Rien que pour l'année 2020, 4 millions 600 hectares de forêt congolaise ont été vendus de manière frauduleuse selon les ONG. Des permis d'exploitation déguisés en contrat de sauvegarde ou des concessions octroyées sans respect des procédures.

À lire aussi : en RDC, des ONG dénoncent l'octroi « illégal » de concessions de forêt à l’entreprise Tradelink

Pour Augustin Mpoyi conseiller juridique à la CODELT, la demande du président de suspendre les contrats douteux en attendant un audit plus large est un signal porteur d'espoir. « D’abord, le fait même que cette question puisse figurer à l’ordre du jour est une première. Donc nous accueillons très favorablement cette décision, d’autant plus que nous avions adressé des recours au ministre de l’Environnement - qui n’a pas réagi du tout - que le président a reçus et qui ont dû réveiller son attention sur ces questions ».

La COP 26 approche. La forêt du Bassin du Congo est le deuxième poumon vert de la planète après le bassin amazonien. Face au réchauffement climatique, la RDC veut se positionner comme pays solution. Mais Irène Wabiwa Betoko de Greenpeace Afrique met en garde : il ne peut y avoir dans le même temps - un état des lieux et la fin du moratoire sur les nouveaux titres forestiers, comme annoncé en juillet.

« L'industrie forestière n’est pas maîtrisée actuellement. Il est inconcevable de penser à étendre cette même industrie à plus de trente millions, cinquante millions – ça dépend – en levant le moratoire ! Il faut d’abord commencer à bien gérer ce qui existe, avant de commencer à étendre ces mêmes espaces ».

Les défenseurs de la forêt espèrent que les autorités renonceront à signer le décret pour lever le moratoire. Une mesure dénoncée comme une autoroute pour la déforestation.

À lire aussi : Des chercheurs pointent la vulnérabilité des forêts d’Afrique centrale

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