Réforme fiscale : le calvaire des épargnants

La réforme fiscale ne va ménager aucun bas de laine, qu’il soit placé en Bourse ou sur un simple livret bancaire. Démonstration.

Les investisseurs vont laisser des plumes dans la réforme fiscale décidée par la nouvelle majorité. Les fiscalistes les plus policés ne mâchent d’ailleurs pas leurs mots pour qualifier les mesures, qui font peser sur l’épargne près de la moitié des 10 milliards d’euros d’efforts exigés l’an prochain des particuliers.

«On est en train de mettre en place un véritable système de répression financière», tonne Philippe Bruneau, directeur de la clientèle privée de la banque Neuflize OBC. «La réforme va geler toute circulation du patrimoine», renchérit Fabrice Luzu, un notaire parisien. «Le pire, c’est qu’elle va manquer l’un de ses objectifs, inciter les Français à consommer plutôt qu’à remplir leurs bas de laine», conclut Philippe Crevel, secrétaire général du Cercle des épargnants.

De fait, l’idée d’aligner la fiscalité du capital sur celle du travail, simple sur le papier, ne manque pas d’effets pervers. Voyons par exemple la taxation des intérêts des livrets, censée atteindre 58,2% pour les épargnants imposés à la nouvelle tranche marginale de 45%. «Elle oublie de prendre en compte l’érosion monétaire !», s’étrangle Henri Sterdyniak, économiste à l’OFCE, pourtant classé à gauche. Et c’est plutôt ennuyeux. Supposons qu’un placement rapporte un intéret nominal de 3%, et que l’inflation soit de 2%. Le gain réel pour l’épargnant ne dépassera pas 1%. Mais comme le taux d’imposition de 58,2% sera calculé sur 3%, la taxation du revenu réel atteindra... 174,6%. Ou comment s’appauvrir en épargnant.

Si encore cette réforme avait le mérite de la simplicité. Mais elle tend plutôt à complexifier les choses. Ainsi, alors que les gains sur la pierre resteront imposés à un taux unique de 19%, ceux enregistrés en Bourse seront intégrés à l’IR. Pour les intérêts bancaires, les Géo Trouvetou de Bercy ont été ...

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