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Régionales 2021 : avec ses ministres-candidats, La République en marche à l’assaut de la droite

·6 min de lecture

Dans un scrutin local qui ne lui est pas favorable, La République en marche a fait le choix de nationaliser les élections régionales des 20 et 27 juin en envoyant treize ministres au front. Résultat : une stratégie illisible sur le plan local mais qui vise avant tout à fragiliser la droite.

Darmanin, Dupond-Moretti, Schiappa… Dire que La République en marche (LREM) a fait le choix de nationaliser les élections régionales des 20 et 27 juin prochains est un euphémisme. Pas moins de treize ministres sont candidats dans un scrutin qui s’annonce peu favorable pour le parti présidentiel, et quatre d’entre eux seront têtes de liste dans les régions Hauts-de-France, Centre-Val-de-Loire, Nouvelle-Aquitaine et Grand Est.

Conçue comme une machine à faire élire Emmanuel Macron en 2017, peu ancrée localement et ayant peu d’élus locaux et de militants susceptibles de faire vivre une campagne efficace, LREM semblait avoir choisi de faire plus ou moins l’impasse sur les régionales.

Puis la machine s’est emballée à l’approche de la clôture du dépôt des listes, le 17 mai : Marc Fesneau (ministre délégué aux Relations avec le Parlement et à la Participation citoyenne) s’est déclaré candidat tête de liste en Centre-Val-de-Loire, Geneviève Darrieussecq (ministre déléguée à la Mémoire et aux Anciens combattants) a fait de même en Nouvelle-Aquitaine, tout comme Brigitte Klinkert (ministre déléguée à l’Insertion professionnelle) dans le Grand Est.

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Mais surtout, cinq ministres sont candidats dans les Hauts-de-France – Laurent Pietraszewski (secrétaire d’État chargé des Retraites et de la Santé au travail) comme tête de liste, accompagné de Gérald Darmanin (ministre de l’Intérieur), Éric Dupond-Moretti (ministre de la Justice), Agnès Pannier-Runacher (ministre déléguée à l’Industrie) et Alain Griset (ministre délégué aux PME) – et cinq autres en Île-de-France – Marlène Schiappa (ministre déléguée à la Citoyenneté), Gabriel Attal (porte-parole du gouvernement), Amélie de Montchalin (ministre de la Transformation et de la Fonction publiques), Emmanuelle Wargon (ministre déléguée au Logement) et Nathalie Élimas (secrétaire d’État à l’Éducation prioritaire).

Le nombre et le poids des ministres-candidats impressionnent. Pour autant, il n’est pas certain que les victoires soient forcément au rendez-vous. "La stratégie d’envoyer des ministres au charbon méconnaît les ressorts du vote aux élections régionales qui repose sur le triptyque bilan, projet, incarnation", analyse ainsi le directeur général adjoint de l’Ifop, Frédéric Dabi, dans le journal L’Opinion.

Alliance avec LR en Paca, liste concurrente dans les Hauts-de-France

Pire, si certains ministres ont bien un vécu d’élu dans la région où ils se présentent, comme Gérald Darmanin qui a été maire de Tourcoing, député du Nord et vice-président du conseil régional des Hauts-de-France au côté de Xavier Bertrand, de nombreux autres arrivent sans la moindre attache électorale ou même personnelle. Agnès Pannier-Runacher est ainsi au cœur d’une polémique concernant sa domiciliation dans le Pas-de-Calais : la secrétaire d’État est née, a grandi et a toujours vécu à Paris, mais est domiciliée depuis le 9 mai à Lens chez son compagnon et ancien chef de cabinet, Nicolas Bays, selon Politico.

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L’échec annoncé par Frédéric Dabi de la nationalisation du scrutin se confirme dans les sondages. Les listes de Laurent Pietraszewski (Hauts-de-France) et de Laurent Saint-Martin (Île-de-France) oscillent ainsi entre 10 % et 15 % dans les intentions de vote. Loin, très loin d’un score laissant espérer une quelconque victoire.

Mais en réalité, Emmanuel Macron voit plus loin et la stratégie de LREM aux régionales vise surtout à affaiblir la droite. Après avoir longtemps tâtonné sur une éventuelle candidature de la secrétaire d’État aux Personnes handicapées, Sophie Cluzel, en Provence-Alpes-Côte-d’Azur, le parti présidentiel a fini par opter pour une absence de liste dans cette région et un soutien au président Les Républicains sortant, Renaud Muselier, officiellement pour faire barrage au Rassemblement national (RN). Même si l’alliance formelle entre LR et LREM un temps annoncée par Jean Castex ne s’est finalement pas concrétisée, son annonce a toutefois suffi pour diviser la droite dans cette région et créer la panique au sein des instances dirigeantes du parti Les Républicains.

En revanche, dans les Hauts-de-France, où le RN est également susceptible de l’emporter, La République en marche préfère envoyer cinq membres du gouvernement qui concurrenceront la liste du président ex-LR sortant, Xavier Bertrand, pour, là encore selon elle, faire barrage à l’extrême droite… en faisant donc l’inverse de ce qui a été décidé en Paca.

Xavier Bertrand, déjà candidat déclaré à la présidentielle, qui a toujours affirmé qu’il ne ferait pas alliance avec LREM, a bien compris le stratagème. "Emmanuel Macron sait que son adversaire le plus dangereux, c’est la droite républicaine. C’est pour cela qu’il cherche à la briser", déclarait-il le 5 mai dans Le Figaro.

Forcer la main à Xavier Bertrand et Valérie Pécresse

Mais en envoyant des poids lourds du gouvernement dans les Hauts-de-France pour tenter de se qualifier au second tour, le parti présidentiel souhaite justement contraindre Xavier Bertrand à s’asseoir à la table des négociations dans l'entre-deux-tours.

"Je ne vais pas dire que le front républicain est mort, mais presque. (…) Il faut que la responsabilité de ceux qui veulent rassembler puisse permettre et garantir à des listes qui ont parfois fait 15, 17, 20 % la présence de quelques élus. (…) Il faut avoir une réflexion, au moment du deuxième tour, pour garantir le report des voix et une expression politique dans ces assemblées qui permettent à d’autres oppositions que le Front national de s’exprimer", a déclaré le conseiller politique d’Emmanuel Macron et eurodéputé Stéphane Séjourné le 2 juin sur France Inter.

Autrement dit : si Xavier Bertrand souhaite éviter une quadrangulaire au second tour – face à Sébastien Chenu (RN), Karima Delli (Union de la gauche) et Laurent Pietraszewski (LREM) –, qu’il accepte d’intégrer sur sa liste des candidats La République en marche à l’issue du premier tour.

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La même tactique est employée en Île-de-France, où la présidente sortante, l’ex-LR Valérie Pécresse, elle aussi possible candidate à la présidentielle de 2022, pourrait également se retrouver dans une quadrangulaire au second tour face à Jordan Bardella (RN), Laurent Saint-Martin (LREM) et le candidat de la gauche arrivé en tête au premier tour.

Une telle stratégie peut toutefois se révéler dangereuse, en particulier en cas de maintien de la liste LREM au second tour dans les Hauts-de-France si la porte de Xavier Bertrand restait fermée. Alors que le parti présidentiel ne cesse d’ériger le barrage au Rassemblement national comme leitmotiv, il pourrait dans cette région finir par le faire gagner.

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