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Réforme des retraites : La diatribe de Darmanin contre le « gauchisme paresse et bobo » ne fait pas l’unanimité dans la majorité

La diatribe de Darmanin contre les « bobos paresseux » ne fait pas l’unanimité au gouvernement

Gabriel Attal et François Bayrou prennent leur distance avec les mots utilisés par le ministre de l’Intérieur contre les opposants à la réforme des retraites.

POLITIQUE - Pas en leurs noms. Plusieurs membres éminents de la majorité prennent leurs distances avec la charge de Gérald Darmanin contre les opposants au projet décrié de réforme des retraites. Ou plutôt, avec le vocabulaire peu amène employé par le ministre de l’Intérieur contre ceux qui veulent « bordéliser le pays. »

« Monsieur Mélenchon et ses amis défendent une idée gauchiste, bobo, celle d’une société sans travail, sans effort », a estimé le locataire de la place Beauvau dans une interview publiée dimanche 28 janvier dans Le Parisien. Et Gérald Darmanin de fustiger « la négation du travail » au sein de la NUPES, dont certains membres défendent un « droit à la paresse », en contrepoint d’un gouvernement et de sa majorité qui seraient les héros du « travail, des valeurs de l’effort, du mérite et de l’émancipation. »

Un argumentaire qui a provoqué l’ire des principaux concernés. La gauche accuse notamment le ministre de l’Intérieur de reprendre « une vieille thématique qu’on a connue dans les années 30 de la part de l’extrême droite et de la droite ». Et ils ne sont pas les seuls à afficher un certain scepticisme.

« J’essaie de pacifier les relations… »

« Je ne dirais jamais à quelqu’un qui doute de cette réforme, qui s’oppose à cette réforme parce qu’il a un travail pénible, qu’il est un paresseux… C’est quelqu’un qui se lève le matin, qui va travailler dans des conditions difficiles, je ne me permettrais pas », a ainsi expliqué Gabriel Attal, le ministre des Comptes publics sur France Inter ce mercredi 1er février, tout en soulignant le fait que son collègue Darmanin ciblait les partis politiques de gauche, par les citoyens opposés au texte.

Qu’à cela ne tienne… Relancé sur la question de savoir s’il s’adresserait aux « écolos, insoumis et socialistes » dans les mêmes termes que le locataire de la Place Beauvau, le ministre du Budget a souhaité faire entendre une différence (à partir de 8’30 ci-dessus). « Cela ne vous aura pas échappé, j’essaie de pacifier un les choses et d’être dans un dialogue de fond sur les différents sujets », a-t-il ainsi lancé, au lendemain de la deuxième grande journée de mobilisation syndicale contre le projet de réforme des retraites. À croire que ce n’est pas le cas de Gérald Darmanin ?

Comme le gardien du budget, François Bayrou ne partage pas le vocable employé par le « premier flic de France. » « Je n’aurais pas utilisé ce genre de langage », a-t-il expliqué ce mercredi sur BFMTV, car « il y a une question de rapport au travail qu’il faut prendre au sérieux ». Selon le chef du MoDem, également Haut-Commissaire au Plan, « ce genre d’affrontements » ne constitue rien d’autre que « la plus mauvaise manière d’engager le débat ».

Une séquence qui rappelle, toutes proportions gardées, la polémique engendrée par le ministre de l’Intérieur en juillet 2020 quand il reprenait à son compte le terme « ensauvagement » de la société. Gérald Darmanin s’était alors attiré les foudres de la classe politique… jusque dans sa propre majorité. Deux ans plus tard, même ministre crispe encore.

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