Réforme constitutionnelle en Ouzbékistan : le président peut rester 25 ans au pouvoir

Uzbek Presidential Press Service/AFP - Handout

Shavkat Mirziyiyev, le président de ce pays d’Asie centrale, a fait voter une nouvelle constitution qui lui permet d'être au pouvoir au-delà de deux mandats consécutifs. Le temps de la dictature Karimov n’est pas tout à fait révolu.

Une nouvelle constitution a été adoptée le 30 avril en Ouzbékistan. Shavkat Mirziyiyev, le président de ce pays d’Asie centrale de 35 millions d’habitants, en a fait le couronnement d’une série de réformes entreprises depuis son accession au pouvoir en 2016 à la suite de la mort de son tyrannique prédécesseur, Islam Karimov.

Shavkat Mirziyiyev a libéré les prisonniers politiques, assoupli le contrôle des médias, promu des réformes du marché et mis fin au travail forcé dans les vastes champs de coton du pays. La nouvelle constitution vise à instaurer "un Etat démocratique moderne qui respecte en priorité les droits des individus", souligne Jakhongir Shirinov, président de la commission chargée de superviser les réformes.

Le texte inclut en effet des garanties sur l’égalité des sexes, une véritable révolution dans un Ouzbékistan traditionnellement patriarcal, et reconnaît les droits des mis en examen et des détenus là où le régime précédent emprisonnait et torturait ses opposants à une échelle industrielle. Il officialise également l’inviolabilité de la propriété privée.

Entourloupe constitutionnelle

Avec une croissance de 6 % en 2022 due en partie aux réformes de Shavkat Mirziyiyev, l’Ouzbékistan a le vent en poupe. Mais le diable se cache dans les détails. Grâce à une entourloupe constitutionnelle, les deux premiers mandats de Mirziyiyev, dont le second court jusqu’en 2026, ne seraient pas comptabilisés et, du fait que le mandat présidentiel passerait à 7 ans au lieu de 5, la nouvelle constitution pourrait autoriser le président à rester au pouvoir pendant un quart de siècle alors que la présidence est normalement limitée à deux mandats successifs.

D’autre part, une récente offensive contre les médias laisse penser que le temps de la dictature Karimov n’est pas tout à fait révolu. Même si Mirziyiyev s’est dit attaché à "l’esprit de liberté" dans les médias, le compte n’y est pas. Une quarantaine de défenseurs de la liberté de la presse ont récemment signé une tri[...]

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