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Une récession aux Etats-Unis n'est pas "inévitable", affirme la secrétaire au Trésor

La secrétaire au Trésor américaine Janet Yellen a affirmé dimanche qu'une récession n'était pas "inévitable" aux Etats-Unis, quelques jours après une nouvelle hausse des taux directeurs de la banque centrale américaine qui laisse craindre la perspective d'une contraction économique.

"Je ne pense pas qu'une récession est inévitable", a déclaré Mme Yellen sur la chaîne ABC News, concédant cependant s'attendre "à ce que l'économie ralentisse" dans le cadre d'une transition vers une "croissance lente et stable".

L'hypothèse d'une récession aux Etats-Unis prend de l'ampleur après la décision historique mercredi de la banque centrale (Fed) de relever ses taux directeurs de trois quarts de points, dans le but de juguler une inflation galopante.

"Le président (de la Fed) Powell a déclaré que son but était de réduire l'inflation tout en maintenant un marché de l'emploi fort. Cela va demander du talent et de la chance, mais je crois que c'est possible", a déclaré la secrétaire au Trésor, qualifiant le niveau d'inflation d'"inacceptable".

"C'est la priorité du président Biden de la réduire", a souligné Mme Yellen.

La secrétaire au Trésor a pointé du doigt la guerre menée par la Russie en Ukraine comme l'une des raisons pour expliquer ces hausses des prix de l'alimentation et des carburants.

Mercredi, le président de la Fed Jerome Powell a assuré que l'institution n'essayait pas "d'induire une récession", mais de "ramener l'inflation à 2%", et de conserver "un marché du travail solide".

La Fed table désormais sur 5,2% d'inflation cette année, quand elle anticipait encore 4,3% lors de sa réunion de mars. Parallèlement, elle prévoit une croissance de 1,7% seulement, contre 2,8% précédemment.

- Motifs d'espoir -

L'économie américaine a d'ores et déjà ralenti avec une contraction de 1,5% du PIB au premier trimestre, et le début du deuxième trimestre semble montrer que le ralentissement se poursuit dans certains secteurs comme l'industrie manufacturière, l'immobilier et les ventes au détail.

Une enquête de l'institut Conference Board a récemment révélé que 76% des 750 patrons interrogés considéraient soit qu'une récession se profilait à l'horizon, soit qu'elle était déjà effective.

Ancien secrétaire au Trésor entre 1999 et 2001, Larry Summers considère de son côté que l'hypothèse de récession de l'économie américaine "d'ici la fin de l'année prochaine" est la plus "probable".

"Je pense que tous les précédents historiques laissent penser à une récession", a ajouté dimanche sur NBC l'ancien ministre de Bill Clinton soulignant la cible établie par la Fed d'une inflation à 2%.

Mais l'actuelle secrétaire au Trésor Janet Yellen voit des raisons d'espérer qu'une récession ne se concrétise pas, notamment avec les dépenses des consommateurs qui demeurent "très fortes", selon elle.

"Il est clair que la plupart des consommateurs - même les ménages à plus bas revenu - continuent de disposer d'économies qui peuvent servir de tampon et qui leur permettront de continuer de dépenser", a-t-elle soutenu sur ABC News.

La ministre a en outre avancé que le marché de l'emploi était également "très fort", "sans doute le plus fort" depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.

Face aux inquiétudes des ménages américains devant l'inflation, Janet Yellen a considéré qu'un gel temporaire des taxes sur les carburants à la pompe représente "une idée qui vaut le coup d'être envisagée".

Interrogée sur la question de la suppression de surtaxes douanières imposées sur des produits chinois sous Donald Trump, la secrétaire au Trésor a déclaré: "Les surtaxes dont nous avons hérité, certaines n'ont aucune visée stratégique et augmentent les coûts pour les consommateurs. Donc nous en paramétrons certaines pour qu'elles aient plus de sens."

rle/la

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