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Qwant : l'Etat doit-il porter à bout de bras le Google français ?

En novembre dernier, la mairie de Paris a vécu une révolution silencieuse. Sur les ordinateurs de ses milliers de fonctionnaires, le moteur de recherche Google était remplacé par Qwant, son rival français, qui a pour particularité de ne pas conserver les données de ses utilisateurs. Un choix militant, voté par les élus, mais peu expliqué en interne. Quand on l’interroge sur le sujet, cette employée d’un bureau de la capitale tombe des nues : «Mon PC tombe effectivement sur Qwant automatiquement, ce que je prenais jusqu'ici pour un bug. Je m'empresse toujours de repasser sur Google !» Beaucoup de ses collègues font de même. Cette gymnastique est aussi un classique dans les bureaux de la région Ile-de-France, Paca, ou à l’Assemblée nationale. De quoi alimenter cette blague vacharde : le premier mot-clé recherché sur Qwant, c’est «Google».

Voilà le problème: si tout le monde s’accorde sur le besoin d’un concurrent vertueux face à l’hégémonique américain, dans les faits, peu sont prêts à adopter le réflexe Qwant. Depuis son lancement en 2013, le site a gagné en notoriété, mais ses audiences restent confidentielles face à la concurrence. Le site a totalisé 18 milliards de requêtes sur toute l’année 2018, quand Google en compte 3,3 milliards... par jour. Les dirigeants du petit Poucet évaluent leur part de marché française à 4% – un chiffre sans doute généreux, certains instituts la plaçant sous 1%.

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En conséquence, ses revenus, tirés de la publicité, peinent à croître. En 2018, au lieu des 15 millions espérés, Qwant affichait 5 millions d’euros de chiffre d’affaires, après 3 petits millions l’année précédente. Et sur ces deux exercices, le moteur de recherche made in France cumulait 21 millions d’euros de pertes. Il a jusqu’ici pu compter sur un fort soutien politique. Mais, même de ce côté, les doutes s’amoncellent. «Il est important d’offrir une alternative à Google, mais l’Etat ne doit pas

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