Marchés français ouverture 7 h 35 min
  • Dow Jones

    33 849,46
    -497,57 (-1,45 %)
     
  • Nasdaq

    11 049,50
    -176,86 (-1,58 %)
     
  • Nikkei 225

    27 939,63
    -223,20 (-0,79 %)
     
  • EUR/USD

    1,0351
    +0,0006 (+0,06 %)
     
  • HANG SENG

    17 297,94
    -275,64 (-1,57 %)
     
  • BTC-EUR

    15 603,62
    -435,25 (-2,71 %)
     
  • CMC Crypto 200

    380,17
    -0,12 (-0,03 %)
     
  • S&P 500

    3 963,94
    -62,18 (-1,54 %)
     

Quelles seront les entreprises leaders de demain ?

Stephane Barthelemy, State Street Global Advisors

Ce n'est un mystère pour personne, le centre de gravité économique mondial a singulièrement évolué ces deux dernières décennies, grâce au fort développement du commerce international, qui représentait en 2011 64% du PIB mondial, contre 38% il y a 20 ans. Pour autant, la plupart des sociétés ayant une position de leader mondial sur leur marché restent d'origine occidentale. Elle sont souvent américaines, notamment dans la technologie, mais la France a aussi son lot de champions, de Danone à LVMH en passant par L'Oréal et Air Liquide.

Des sociétés émergentes aux appétits grandissants

Voilà pour aujourd'hui, mais demain ? Dans une récente étude, le cabinet de conseil en stratégie Boston Consulting Group (BCG) rappelle qu'en 10 ans, le nombre de sociétés affichant un chiffre d'affaires supérieur au milliard de dollars a presque doublé à l'échelle de la planète, pour atteindre 4.349 en 2011. Parmi celles-ci, on dénombre 872 sociétés issues des pays émergents, un chiffre qui a pratiquement quadruplé. Ainsi, dans le top 20 du classement des plus grandes entreprises mondiales établi par le magazine Forbes, on trouve une société russe, une brésilienne et quatre chinoises (le groupe pétrolier PetroChina et trois banques). Et cette percée est loin d'être achevée. Le BCG tient ainsi à jour une liste de 100 entreprises qualifiées de "challengers globaux", parmi lesquelles 30 chinoises et 10 indiennes. Des entreprises aux appétits grandissants.

"Il y a encore dix ans, on voyait les sociétés du monde développé acheter des entreprises dans les pays émergents. Aujourd'hui, la tendance s'est inversée et les proies d'hier sont devenues des prédateurs, constate Stéphane Barthélemy, gérant spécialiste des marchés émergents chez State Street Global Advisors. Bénéficiant d'une économie locale dynamique, ces acteurs, tout comme leurs Etats, sont en meilleure santé financière que les pays développés. Pendant la crise financière de 2008/2009, on a certes vu les sociétés indiennes réduire la voilure, à cause des restrictions locales sur la fuite de capitaux, mais les Chinois en ont - au contraire - profité pour accélérer leurs acquisitions."

A chaque région sa spécialité

Les sociétés chinoises, plus ou moins étatiques, obéissent souvent à des problématiques nationales, au premier rang desquelles figure la sécurisation des approvisionnements en matières premières. Ainsi, le groupe pétrolier China National Petroleum Corporation (CNPC) vient-il de débourser plus de 3 milliards d'euros pour acheter 28,6% d'une filiale de l'italien ENI en Afrique de l'est. Chez les indiens, il y a une nette dominante du secteur informatique, avec des sociétés comme Tata consultancy services, Infosys ou Wipro, les deux dernières étant d'ailleurs cotées à New-York. Quant aux pays du golfe persique, leur position stratégique entre Europe et Asie les a poussé vers le secteur des services aériens. Présentes dans la liste des challengers globaux du BCG, Qatar Airways et Etihad Airways (Emirats arabes unis) marchent sur les traces d'une autre société qui n'y figure plus, car elle fait déjà partie des leaders mondiaux. Dans le transport de passagers, les trois premières compagnies sont américaines (Delta Airlines, United Airlines, American Airlines), mais si l'on ne regarde que les vols internationaux, c'est bien Emirates qui arrive en tête, devançant l'allemande Lufthansa. De la même manière, le cimentier mexicain Cemex joue aujourd'hui des coudes avec le français Lafarge et le suisse Holcim. Et que dire du coréen Samsung, numéro un mondial de la téléphonie mobile après avoir détrôné Nokia.

Les émergents parlent aux émergents

"Une tendance marquée de la dernière décennie est le fort développement des échanges entre pays émergents. Par exemple, en 2000, seulement 3% des exportations des pays d'Amérique latine partaient vers l'Asie émergente, rappelle Stéphane Barthélemy. Le chiffre est de 15% aujourd'hui." Selon les estimations de Citi investment research, ce commerce intra-émergents représentait 15% du commerce mondial en 2010, et cette proportion pourrait monter à 38% en 2050. Peu connue en Europe, la société Naspers est assez symbolique de ces relations inter-émergents. "Ce groupe de télévision et de presse sudafricain a des participations dans des portails internet majeurs en Russie (Mail.ru) et Tencent en Chine. Et il a aussi des activités dans le reste de l’Afrique, en Amérique latine, en Asie et en Europe", explique Stéphane Barthélemy. Que reste-t-il aux entreprises des pays développés ? "Le secteur du luxe ou celui de la haute technologie, où les Chinois restent encore discrets", résume le gérant. Pour le reste, on ne fera bientôt plus la différence entre les sociétés émergentes et les autres. Prenez SABMiller, numéro deux mondial de la bière, derrière l'américain Anheuser-Busch. La société est d'origine sudafricaine, son siège est à Londres et son premier actionnaire, Altria, est américain. Quand à son marché, il est mondial. Evidemment !

Emmanuel Schafroth

Lire aussi
Ces startups qui valent des milliards
Les sociétés qui amassent le plus de cash