Que fait votre patron de ses journées ?

Un PDG, ça cause (et ça écoute) énormément ! Des étudiants anglosaxons ont réalisé une étude instructive sur l'emploi du temps hebdomadaire des chefs d'entreprise. Résultat:  55 heures de travail, dont 18 heures en réunion, 2 heures d'interventions publiques, 2 heures d'appels téléphoniques... Il ne leur reste au final que peu de temps pour travailler seul.

Dans une entreprise, tout le monde a une fonction bien définie. L'ouvrier fabrique les produits sous la surveillance du contremaître, le commercial essaye de les vendre aux clients pendant que les gens de la recherche-développement se creusent la tête pour en inventer de nouveaux. Et la femme de ménage vient passer chaque matin l'aspirateur pour que tout ce beau monde travaille dans d'agréables conditions. Mais le patron, lui, à quoi sert-il, en vérité ? Son bureau reste fermé un jour sur trois sans qu'on sache trop où il est, lorsqu'on le croise au détour d'un couloir, il semble toujours pressé, mais que fait-il exactement de ses journées ?

C'est à cette question pas si simple que s'est attelée une équipe d'étudiants de la London School of Economics et de la Harvard Business School, avec l'aimable complicité de 65 assistants de PDG à travers le monde, lesquels ont accepté de répertorier sur toute une semaine les activités de leur boss. Le premier enseignement de cette étude est que les PDG travaillent beaucoup : 55 heures en moyenne sur une semaine. Mais n'est-ce pas ce que l'on attend d'eux ? Au sein de cet emploi du temps nourri, les réunions son extrêmement chronophages pour les patrons, qui y consacrent en moyenne un tiers de leur temps, soit 18 heures par semaine. Cette réunionnite ne doit pas étonner, un patron ayant un rôle important de représentation de l'entreprise, tant à l'intérieur (vis-à-vis des salariés, des syndicats) qu'à l'extérieur (rencontres avec les clients, fournisseurs et parties prenantes de l'entreprise) en même temps que celui de son manager.






Cité par le Wall Street Journal, Jon Orringer, PDG du fournisseur d'images Shutterstock, confesse ainsi participer en moyenne à 3 réunions par jour. Avec un pareil rythme, le temps devient précieux et les entreprises ont parfois des solutions originales pour ne pas le gaspiller dans des discussions interminables. Au sein du cabinet de conseil Octo Technology, le président du Directoire François Hisquin a ainsi instauré de la "boîte à meuh", utilisée pour interrompre les bavards ayant tendance à déborder un peu facilement de l'objet de la réunion.

Ce temps passé en réunion par les patrons diminue dans les entreprises plus structurées : il est inférieur d'environ 5 heures et demie dans celles qui intègrent à leur organigramme un directeur financier ou un directeur opérationnel.

Pour les contacts avec l'extérieur, les déjeuners d'affaires restent une pratique vivace (5 heures par semaines y sont consacrées en moyenne) et les PDG consacrent également 2 heures en moyennes à des interventions dans des événements publics, ce qui confirme leur rôle de super VRP. On pourrait s'étonner que, d'après les résultats de l'étude, un PDG ne réserve en moyenne que 2 heures par semaine à des appels téléphoniques et 2 autres à participer à des conférences téléphoniques. Mais il est vrai que seules les activités durant plus de 15 minutes sont "tracées", les autres aboutissant dans la catégorie "divers", avec les voyages notamment.

Au total, on voit qu'un PDG passe le plus clair de son temps à rencontrer les autres, à leur parler et les écouter. Il ne dispose en moyenne que de 6 heures par semaine pour travailler seul. C'est peu et certains s'en plaignent, comme NV "Tiger" Tyagarajan, à la tête de Genpact, ancienne division de general Electric spécialisée dans le management technologique, qui aimerait avoir plus souvent l'occasion de "s'assoir et de réfléchir". Tout simplement !

Emmanuel Schafroth


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