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"Quasiment mission impossible": les annonces de Blanquer sur la gestion des cas contacts à la rentrée inquiètent les syndicats

·4 min de lecture
Des élèves dans leur classe au collège le 22 juin 2020 à Boulogne-Billancourt - Thomas SAMSON
 © 2019 AFP
Des élèves dans leur classe au collège le 22 juin 2020 à Boulogne-Billancourt - Thomas SAMSON © 2019 AFP

Nouveauté de taille pour le protocole sanitaire au sein des collèges et lycées à la rentrée scolaire, et en particulier pour la gestion des cas contacts en classe, a annoncé le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer ce mercredi sur franceinfo.

"Dans le secondaire, seuls les élèves non-vaccinés seront évincés et devront suivre l'enseignement à distance" s'ils sont cas contact, les autres pouvant poursuivre en présentiel si la situation sanitaire le permet, a-t-il indiqué, évoquant "évidemment une forte incitation à être vacciné".

Une mesure dont les contours n'ont pas été précisés à ce stade, mais qui suscite d'ores et déjà scepticisme et levée de boucliers au sein de l'Éducation nationale concernant sa faisabilité.

Depuis le 15 juin dernier, la vaccination est ouverte aux adolescents à partir de 12 ans, mais nombre d'entre eux n'ont pas encore de schéma vaccinal complet. 31,8% des 12-17 ans français ont reçu au moins une dose de vaccin anti-Covid, et 11,6% sont complètement vaccinés.

"Sujet extrêmement sensible"

Auprès de BFMTV.com, Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU, fustige une mesure "sortie du chapeau"* dont "il n'a jamais été question lors des réunions avec les syndicats" alors qu'il s'agit d'un "sujet extrêmement sensible". "C'est une annonce qui pose beaucoup plus de questions qu'elle ne résout de problèmes", résume-t-elle.

"On se pose beaucoup de questions sur le caractère opérationnel", ajoute la représentante syndicale. "Mais ce qu'on a tout de suite pointé, c'est qu'on a au collège des enfants de moins de 12 ans, en 6e et en 5e (qui n'ont de facto pas accès à la vaccination à ce stade, NDLR). Qu'est-ce qu'il advient d'eux?" s'interroge-t-elle.

"On se demande aussi qui va contrôler l'état vaccinal des élèves", ajoute Sophie Vénétitay. Initialement, il avait été question dans le projet de loi que les directeurs d'établissement aient accès à ces données, mais la mesure avait finalement été retoquée par le Parlement.

"Des problèmes en termes d'éthique"

"On a fait savoir que ça posait des problèmes en termes d'éthique", abonde auprès de BFMTV.com Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du SGEN-CFDT. "Seuls les personnels de santé sont censés avoir accès à des informations comme le statut vaccinal", évoque la représentante, s'interrogeant sur le contrôle effectif des schémas vaccinaux des élèves.

"L'autre grande problématique, c'est la continuité pédagogique. Si on s'attend à ce que les élèves puissent suivre en visio les cours en classe, c'est illusoire, ça n'a aucun sens pédagogiquement", fustige l'élue CFDT, dénonçant notamment le manque d'infrastructures de l'Éducation nationale pour bâtir ces solutions hybrides.

De surcroît, "beaucoup d'élèves défavorisés n'ont pas les conditions de connexion, de matériel, d'espace", et cela pourrait creuser les inégalités entre les élèves, comme cela avait été relevé notamment lors du premier confinement au printemps 2020.

"Cette mesure-là suppose un suivi très individualisé des élèves", mais les effectifs ne sont pas suffisants pour le mener à bien, juge par ailleurs Catherine Nave-Bekhti. "Il y aura une forme de continuité pédagogique, mais elle ne sera pas la même entre les élèves", ajoute-t-elle.

"Un effet d'annonce"

Sophie Vénétitay dénonce aussi l'emploi du mot "évincés", un terme "très fort", et estime qu'il est "quasiment mission impossible" de faire cours à la fois à distance et en présentiel.

"On a l'impression que c'est un effet d'annonce pour mettre la pression sur les parents d'élèves et la vaccination", ajoute la représentante. Elle s'attarde aussi sur les modalités de mise en oeuvre cet enseignement hybride:

"Si je donne un exercice à travailler à la maison aux trois élèves qui sont 'évincés', nous on aura avancé différemment dans ma classe", estime l'enseignante, pour qui l'entreprise "paraît infaisable et pose plein de questions".

"Ce qu'on lit entre les lignes, c'est que si les parents refusent de faire vacciner leurs enfants, finalement leurs enfants vont subir une stigmatisation et une éviction des classes", a déploré sur BFMTV ce mercredi Nageate Belahcen, co-présidente de la FCPE. "On va créer plus d'inégalités", a-t-elle ajouté.

"Ça va être compliqué à mettre en place", a mis en garde sur notre antenne Jean-Rémi Girard, président du Syndicat national des lycées et collèges. "On ne sait pas qui va disposer de la connaissance du statut vaccinal des élèves", a-t-il également pointé, dénonçant aussi l'"éviction", "un terme absolument atroce".

"En termes de fonctionnement pratico-pratique, pour l'instant on ne voit pas trop, au-delà des questions éthiques", ajoute le représentant.

Article original publié sur BFMTV.com

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