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Putsch au Gabon : "les entreprises françaises, comme TotalEnergies ou Eramet, ne sont pas encore menacées", selon l'ex-ambassadeur de France dans la région

©AFP Photo / Gabon 24

Ce mercredi 30 août au matin, des militaires ont pris le pouvoir à Libreville, peu après l’annonce de la victoire du dirigeant sortant Ali Bongo Ondimba à l’élection présidentielle du 26 août dernier. Encore confuse, la situation est suivie de près par Paris, d’autant que les intérêts français sont nombreux dans ce pays d’Afrique centrale. Faut-il s’inquiéter pour nos entreprises, présentes sur place comme le pétrolier TotalEnergies ou le groupe minier Eramet ? L’analyse d’un ancien ambassadeur et spécialiste de la région, Nicolas Normand, auteur de "Le grand livre de l’Afrique", (Editions Eyrolles).

Capital : Mali, Guinée, Burkina Faso, Niger et maintenant Gabon. Depuis trois ans, les putschs se multiplient en Afrique. Peut-on parler d’épidémie comme le disait récemment Emmanuel Macron ?

Nicolas Normand : Le terme d’épidémie n’est pas approprié car la situation gabonaise ne ressemble pas à celle vécue dans les autres pays que vous citez, sauf au Mali en 2020. Nous sommes là au lendemain d’une élection où manifestement la fraude a permis au président sortant d’être réélu pour un troisième mandat, alors que l’opposant Albert Ondo Ossa avait de très sérieuses chances de l’emporter. Déjà en 2016, lors de la dernière élection, des tricheries avaient sans doute permis au président Bongo de l’emporter de justesse. Cette fois, une partie de l’armée en a décidé autrement. Par ailleurs, ce renversement a lieu dans un pays qui ne connaît pas de crise économique et sociale grave comme au (...)

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