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La proposition de compromis de l'Indonésie mal accueillie par les Birmans

·2 min de lecture

Les ministres des Affaires étrangères birman, indonésien et thaïlandais se sont retrouvés à Bangkok, en Thaïlande, mercredi, pour parler du rôle que pourrait avoir l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean), dans la résolution de la crise birmane.

Le ministre des Affaires étrangères birman nommé par la junte s'est rendu à Bangkok mercredi 24 février pour s'entretenir avec les puissances régionales. Ces pourparlers interviennent alors que le bilan de la répression des manifestations contre le coup d'État du 1er février s'est alourdi à cinq morts, une organisation de secours locale ayant annoncé le décès d'un manifestant en détention.

La rencontre a eu lieu dans la discrétion et rien n’en a filtré pour l’instant. Wunna Maung Lwin s'est entretenu avec ses homologues de Thaïlande et d'Indonésie au cours de la première rencontre officielle entre un membre de la junte et des représentants de gouvernements étrangers.

« Indonésie, ne soutenez pas le dictateur »

Quelques jours auparavant, l’Indonésie avait proposé que l’Asean envoie des représentants en Birmanie pour s’assurer que les généraux respectent leurs promesses et tiennent bien des élections dans un an, rappelle notre correspondante à Bangkok, Carol Isoux. Une proposition mal accueillie par les militants birmans qui estiment que le peuple s’est déjà clairement exprimé aux élections de novembre dernier et qu’il n’y a donc pas lieu de laisser les généraux au pouvoir pendant un an.

Des centaines de manifestants se sont rassemblés mercredi pour le deuxième jour consécutif devant l'ambassade d'Indonésie, dans le centre de Rangoun, la plus grande ville birmane, équipés de pancartes disant « Arrêtez de négocier avec eux » et « Indonésie, ne soutenez pas le dictateur ».

Pour eux, l’Asean devrait plutôt s’attacher à faciliter des pourparlers entre des représentants élus de la Ligue nationale pour la démocratie, le parti d’Aung San Suu Kyi et les militaires. Mais cette position de compromis, qui ménagerait les généraux et leur laisserait du temps pour se retirer du pouvoir, semble être pour l’instant la position privilégiée par les pays d'Asie du Sud-Est, et derrière eux, la Chine, le principal partenaire commercial.