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Procès du 13-Novembre 2015: quand les victimes s'adressent aux accusés

·3 min de lecture

Au procès des attentats du 13 novembre, cela fait plus de trois semaines que survivants et proches des victimes des attaques décrivent l’horreur et la douleur. Face à eux la cour, mais aussi les accusés qui écoutent, la plupart du temps impassibles, même quand il est question d’eux.

« Vous allez devoir nous voir et nous entendre », a lancé dès les premiers jours Jessica, rescapée de la Belle équipe. Comme elle, depuis trois semaines, nombreuses sont les parties civiles, qui, au moment d’aborder leurs attentes vis-à-vis du procès, évoquent les 14 accusés présents. Souvent indirectement, sans un regard vers le box.

« J'ai le plus grand mépris pour eux », « des gens manipulés » avec « une vision du monde moyenâgeuse » et « la violence pour seule expression » pointe ainsi Ludovic, survivant du Bataclan. «De simples fantassins du mal, qui n'ont rien à avoir avec l’islam, une belle religion » renchérit de son côté le patron de la Belle équipe.

Vouer les accusés à l’oubli

Beaucoup se questionnent toutefois sur le parcours des accusés, voire appellent à une introspection de notre société capable de mener à de telles atrocités « des enfants de nos écoles, dont j’aurais pu être la mère » se désole Nadia, qui a perdu sa fille. La plupart refusent « de leur offrir leur haine » ou « de faire des amalgames », « pour ne pas les laisser gagner », disent-ils, préférant placer leur confiance en la justice, l’état de droit étant « la meilleure réponse à la barbarie. » Il faut se rappeler des victimes et vouer les accusés à l’oubli martèlent ainsi plusieurs victimes

« Qui sont les vrais guerriers ? »

Certaines parties civiles apostrophent toutefois les accusés directement. En particulier Salah Abdeslam, seul membre des commandos toujours en vie, qui cristallise la colère, lui qui s’est dès le premier jour revendiqué « frère de ces terroristes ».

« J’ai entendu des revendications qui parlaient de guerriers », constate Maureen, victime à l’origine de la création de l’association Life For Paris, avant d'interroger posément : « Qui sont les vrais guerriers ? Ceux qui tuent par surprise des personnes désarmées ou ceux qui, fracassés, ayant perdu leur amour ou une partie d’eux-mêmes, se lèvent tous les matins et avancent ? ».

Plus virulent, Olivier, rescapé du Carillon avait lui quelques jours plus tôt qualifié Salah Abdeslam de « lâche », de « racaille » et assuré : « J'aurais mille fois préféré qu'il se fasse péter en se ratant comme son frère (Brahim Abdeslam, qui s’est fait exploser au Comptoir Voltaire, ndlr), on aurait gagné du temps ».

Échanges à sens unique

« Vous êtes nombreux à vous adresser aux accusés. Je rappelle qu'ils bénéficient de la présomption d'innocence et que beaucoup contestent leur participation aux faits », a trouvé nécessaire de souligner le président Jean-Louis Périès, face à ce qui relève de déclarations à sens unique et non pas d'un dialogue, même à distance.

« Dialogue », un mot paradoxalement prononcé par Salah Abdeslam. Au 6e jour, le principal accusé avait présenté les attentats comme une juste vengeance après les frappes françaises en Syrie, sans qu’il n’y ait « rien de personnel » contre les victimes. « On peut se faire la guerre, on peut s'entretuer et se détester mais la porte du dialogue doit toujours rester ouverte » avait-il osé. « On ne dialogue pas en tirant sur des civils avec des kalachnikovs », l’avait vertement coupé le président.

Seul Claude, la soixantaine, rescapé de la Bonne Bière avait semblé prêt à l’entendre, bien qu’avec beaucoup de réserve. « Le pardon, ça se demande. Votre condamnation, ça ne me réparera pas. Mais ça ne m'empêchera pas non plus, si vous le désirez un jour, d'aller vous parler, y compris en prison. Mais il faut avoir le courage d'être des hommes », avait-il avancé.

Réactions des accusés

C’est sans doute pour éviter des altercations, mais aussi faute de temps, puisque quelque 300 parties civiles sont appelées à témoigner, que le président a préféré ne pas faire réagir régulièrement les accusés. Ce qui a suscité un débat, lancé par une avocate, non de la défense, mais des parties civiles, qui, la première, a demandé à la cour de leur en donner l’occasion.

Certains accusés ont d'ailleurs finalement demandé la parole, comme Yassine Atar, frère du commanditaire présumé. « J'en peux plus, il a des gens dans ce box qui sont peinés par les témoignages. On est des êtres humains. Moi, je ne suis pas un terroriste » a-t-il affirmé dès le 2e jour d’audition.

Farid Kharkhach, qui aurait fourni des faux papiers, est lui intervenu jeudi dernier après l’audition de deux fils de victime. « Tous les témoignages font saigner le cœur, mais entendre des enfants...J’ai l’âge de leur père, j’ai moi-même deux enfants... je suis musulman et l’islam ne dit pas ça », a-t-il déclaré. Le lendemain vendredi, alors que les esprits s’échauffaient dans le box, plusieurs accusés s'emportant soudain contre leur escorte, Mohamed Bakkali, logisticien présumé, a lancé : « on doit déjà encaisser tout ce qui se dit ici et en plus on a des contraintes ».

Une rescapée a alors confié : « J’espère qu’ils réagissent comme ça parce que nos témoignages les ont, d’une manière ou d’une autre, un peu atteint ».

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