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Premier coup de fil pour un des Canadiens détenus en Chine

Portrait de l'ancien diplomate canadien Michael Kovrig, détenu en Chine, diffusé le 11 décembre 2018 à Washington par International Crisis Group

Pékin (AFP) - L'ancien diplomate canadien Michael Kovrig, détenu depuis 15 mois en Chine sous l'accusation d'espionnage, a été autorisé à téléphoner à son père gravement malade, a rapporté lundi la diplomatie chinoise.

M. Kovrig a été arrêté en décembre 2018 en même temps qu'un compatriote, Michael Spavor, quelques jours après l'arrestation au Canada d'une dirigeante du géant chinois des télécoms Huawei, Meng Wanzhou, dont Washington réclame l'extradition.

Pékin dément tout lien entre les deux affaires mais Ottawa a qualifié "d'arbitraire" la détention de ses deux ressortissants.

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Geng Shuang a annoncé que M. Kovrig avait été autorisé à téléphoner compte tenu de "la gravité de la maladie de son père".

Après être tombées très bas l'an dernier, les relations entre les deux pays se sont quelque peu réchauffées début 2020, la Chine remerciant le Canada pour son aide dans la lutte contre l'épidémie de Covid-19.

A ce sujet, le porte-parole chinois a assuré lundi que Pékin avait pris des mesures pour protéger les prisonniers contre le risque de contamination, "y compris MM. Kovrig et Spavor".

L'appel téléphonique est semble-t-il le premier que M. Covrig ait été autorisé à passer depuis qu'il est en détention.

"Ce n'est pas dans les habitudes des autorités chinoises" d'autoriser des appels téléphoniques pour les prisonniers, a commenté pour l'AFP Guy Saint-Jacques, ancien ambassadeur du Canada en Chine. "C'est un peu encourageant."

Il a cependant dit redouter les conséquences d'une éventuelle extradition de l'ancienne directrice financière de Huawei du Canada vers les Etats-Unis.

Dans ce cas de figure, "les autorités chinoises vont accuser formellement Kovrig et Spavor, et là ça va devenir encore plus compliqué de les faire sortir car (les Chinois) vont dire qu'on ne peut pas leur demander de s’immiscer dans un processus judiciaire", a déclaré M. Saint-Jacques.