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Présidentielle au Bénin: à Cotonou, les habitants espèrent un vote «dans la paix»

·4 min de lecture

Les Béninois sont appelés aux urnes ce dimanche 11 avril à l’issue d’une campagne marquée par des violences meurtrières dans le centre et le nord du pays. La capitale économique a été épargnée par les violences meurtrières qui ont émaillé la fin de la campagne électorale dans le centre et le nord du Bénin.

De notre envoyée spéciale à Cotonou,

Les affiches de campagne à l’effigie de Patrice Talon et de ses deux adversaires ont disparu des rues de Cotonou, comme la loi l’impose à l’issue de la campagne électorale. Devant le stade de l’Amitié, dans le quartier de Kouhounon, un camion crache sa sono pour rameuter les passants et autres vendeurs ambulants. Deux associations locales sont venues faire passer leur message : « Nous appelons tout le peuple béninois à aller voter dans la paix et la tranquillité », lance au micro Martin Assogba, le président de l’ONG Alcrer (Association de lutte contre le racisme, l’ethnocentrisme et le racisme).

« Le Bénin est un pays de paix, on n’a pas besoin de ça »

La tension est montée d’un cran ces derniers jours à l’approche de l’élection présidentielle. La campagne électorale a été émaillée de violences dans le nord et le centre du pays. Les militaires ont tiré à balles réelles sur des contestataires parfois armés qui avaient érigé des barrages. À Cotonou, restée à distance des troubles, si certains refusent de participer à des élections qu’ils jugent verrouillées, la plupart des Béninois rencontrés assurent qu’ils accompliront bien leur « devoir civique » en allant voter ce dimanche.

« Nous, on est tranquille ici. Demain, je vais sortir, je vais aller à l’église, faire ce que j’ai à faire et voter bien sûr », affirme Freedorse derrière son stand de transfert d’argent via mobile. Elle a appelé sa famille de Banté, où des troubles étaient rapportés samedi encore : tout va bien, « ils n’ont rien, Dieu merci ». Son seul souhait : que les violences cessent. « Si les gens ne veulent pas aller voter, qu’ils restent chez eux, s’agace la jeune femme. Le Bénin est un pays de paix, on n’a pas besoin de ça, on veut juste pouvoir gagner notre argent. »

Le président sortant Patrice Talon brigue un second mandat, mais il n’a face à lui que deux candidats, Alassane Soumanou et Corentin Kohoué, que ses opposants qualifient de « faire valoir ». Les principales figures de l’opposition n’ont quant à elles pas pu se présenter. Elles dénoncent un scrutin verrouillé tandis qu’ONG et observateurs s’inquiètent d’une dérive autoritaire du pouvoir. En l’absence de véritable enjeu sur l’issue des élections, le taux de participation sera particulièrement scruté ce dimanche.

Des violences pourraient-elles aussi éclater dans la capitale économique, qui abritent le palais de la présidence ? Ils n’y croient pas. « Si ça se gâte, on restera chez nous, mais je n’ai pas peur qu’il y ait des violences ici », balaye un artiste béninois qui préfère ne pas donner son identité. « Si l'on passe le cap des élections à proprement dit, comme il n’y a pas vraiment de suspense, je ne pense pas qu’il y aura des contestations », estime Christian, devant son assiette d’igname pilée sauce arachide. Il ne cautionne pas l’intervention de l’armée, qui a fait au moins deux personnes dans la région de Savè, mais pour lui, dans ce contexte, « l’État doit réclamer son autorité, sinon des gens ne pourront pas voter à cause des blocages et il y aura des réclamations. »

« Le climat est vraiment affreux »

Tandis que son ami minimise l’élection se déroulera sans encombre, Raymond, un Béninois qui vit au Congo-Brazzaville le rembarre. De passage à Cotonou, lui est inquiet et craint d’avoir des difficultés pour repartir. « J’ai suivi à la télé, je t’assure que ça fait vraiment peur. »

« Le climat est vraiment affreux », confirme également un professeur de lettres qui préfère rester anonyme, attablé dans un café de paris sportifs. Il regrette que son pays « en soit arrivé à une extrémité pareille » alors que « la tradition dans la sous-région veut que la période électorale soit une fête. Cette fois, il n’y a pas eu de fête. Ce sont les balles qui crépitent », se désole-t-il. Un climat de crainte qui ne favorise pas la parole. « Beaucoup de Béninois ont peur de parler », assure-t-il. Si la situation ne s’améliore pas, il redoute que le pays se déchire. « J’ai peur que nous tombions dans le clivage du Bénin du Sud contre le Bénin du Nord. Je veux que le Bénin soit soudé. » Comme beaucoup ici, il appelle les hommes politiques à dialoguer pour apaiser les tensions.

La Plateforme des acteurs de la société civile du Bénin (PASCIB) a tenu une conférence de presse samedi. Évoquant un « climat électoral délétère », elle a dit craindre « la non-tenue des élections dans certaines régions » en raison du blocage des voies qui a empêché par endroit l’acheminement du matériel de vote, et « le déploiement excessif des forces de défense et de sécurité ». Samedi, quelques militaires étaient visibles dans certaines rues du centre de Cotonou.