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Près d’une infirmière sur deux a quitté l’hôpital ou changé de métier après dix ans de carrière

Martin BUREAU © 2019 AFP

Les infirmières sont nombreuses à jetter leur blouse seulement quelques années après avoir débuté leur carrière. Elles sont en effet une sur deux après dix ans à quitter leur poste d'infirmière hospitalière d'après une étude réalisée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES). Si l'étude n'aborde pas les raisons de ces départs, on y apprend que certaines se tournent vers d'autres employeurs quand d'autres changent totalement de métier.

Sur les personnes entrées dans la profession entre 1989 et 2019, seuls 54% exercent encore en tant qu'infirmière hospitalière salariée dix ans après leur premier poste. Toutefois, 11% ont une profession d'infirmière salariée pour un autre type d'employeur comme un Ehpad, une administration publique ou en intérim.

7% ont quitté le métier pour se reconvertir au sein de l'hôpital, dans un emploi administratif par exemple et 7% sont devenues libérales, sont au chômage ou ont totalement changé de voie. Certaines deviennent par exemple professeures des écoles.

La tendance est claire: plus les années de carrière passent, plus elles sont nombreuses à quitter l'emploi salarié à l'hôpital. Elles sont en effet 84% à y exercer après deux ans de carrière, et plus que 48% après 15 ans.

C'est aussi une question de génération. Celles qui ont commencé à exercer à la fin des années 2000 ne sont plus que 50 % alors que la part de leurs aînées entrées dans la profession au début des années 1990 s'établit 60 %.

Le libéral attire

Beaucoup d'entre elles décident de se tourner vers le libéral: c'est le cas d'une infirmière hospitalière sur dix après dix ans de carrière. Elles ne peuvent devenir indépendantes qu'après avoir exercées en tant qu'infirmières salariées pendant deux ans ou si elles ont six mois d’expérience en tant que remplaçante d’une infirmière libérale. Cette part d'infirmière libérale augmente au cours du temps, puis rediminue légèrement passé le pallier des dix ans de carrière.

"Ces pourcentages sont nettement supérieurs à ce que l’on observe dans d’autres professions, où l’emploi indépendant est nettement plus rare", note le communiqué de la DREES.

La part des personnes, ex-infirmières, classées sans emploi en France métropolitaine, qu'elles soient au chômage ou parties à l'étranger, passe de 5 % cinq ans après le premier poste à 11 % dix ans après.

Devenir mère n'explique pas les sorties de la profession

Se pose aussi la question légitime de la maternité car cette profession est assurée à 83% par des femmes. Ce qui pourrait potentiellement expliquer ces départs du milieu hospitalier. Mais ce n'est pas le cas. Le fait de devenir mère ne conduit pas les femmes à se retirer de leur emploi.

Pourtant, les dix premières années de carrière coïncident souvent avec la naissance des enfants car "l’accès à un emploi stable augmente la probabilité de vivre en couple et d’avoir des enfants", souligne l'étude. Au début de carrière - l'âge moyen est estimé à 28 ans- 26% ont déjà un enfant. Un chiffre qui monte à 79% dix ans plus tard.

Comme dans de nombreux autres secteurs, beaucoup d'infirmières devenues mères se mettent à temps partiel. Mais la raison de la désertion des hôpitaux par une part des infirmières est donc à chercher ailleurs...

Salaires, effectifs et conditions de travail en cause

Pour le SNPI, le Syndicat National des Professionnels Infirmiers SNPI, ces chiffres ne constituent pas une surprise. "Comment s’étonner que des infirmières sous-payées, en sous-effectif, agressées par des patients et leurs familles, et souvent victimes de maltraitance institutionnelle ne restent pas à l’hôpital" s'interroge l'organisation dans un communiqué.

Pour le syndicat, salaires, effectifs et conditions de travail sont les principales causes des départs.

Exemple avec les rémunérations. "Les soignants, qui travaillent sans relâche pour offrir les meilleurs soins à la population, réclament une rémunération à la hauteur de l’importance vitale de leur travail, de leur niveau de compétence, de formation et de responsabilité." déclare Thierry Amouroux, porte-parole du SNPI.

Et de souligner que le Ségur de la santé "nous a fait passer de moins 20% sous le salaire infirmier européen à moins 10%. Nous restons exploitées, d’où la tentation d’aller travailler en Belgique (+30%) ou en Suisse (salaire brut doublé)".

Article original publié sur BFMTV.com