La bourse est fermée

"Le pouvoir en entreprise est une promesse de plaisir"

Grisant, addictif, le pouvoir est une drogue dure. Une fois qu'ils y ont goûté, certains ont bien du mal à y renoncer. Ils en veulent toujours plus, développent un sentiment d’impunité. L’Autre devient un objet au service de leurs intérêts. Parfois, la chute n'en est que plus dure : que l'on pense à Dominique Strauss-Kahn, Jean-Marie Messier ou encore Carlos Ghosn… Dirigé par Raphaëlle Laubie*, l'ouvrage collectif Pouvoirs et influences (Dunod) examine les mécanismes et jeux d'influence liés au pouvoir et à ses abus. Rencontre avec l'auteure, entrepreneuse et professeure.

Management : Le désir de pouvoir est-il un plaisir coupable ?

Raphaëlle Laubie : Selon Nietzsche, le bonheur est "le sentiment que la puissance croît". Avoir du pouvoir est agréable : cela se traduit par une augmentation des fonctions cognitives (nous nous sentons plus performants intellectuellement), par une augmentation de la confiance en soi... Mais, en France, en effet, c’est un plaisir coupable. Vouloir des responsabilités, se montrer ambitieux, est parfois mal vu. C’est sans doute culturel. La conviction de la rareté est ancrée en nous : les solutions ne se conjuguent pas, elles s’excluent mutuellement. Si l’autre gagne, je risque de perdre. Si je prends le pouvoir, je le vole forcément à quelqu’un d’autre. A l'inverse, l'approche "gagnant-gagnant" des Américains favorise le désir de pouvoir.

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Le pouvoir est-il une drogue ?

En cas de surchauffe ou de perte de repères, il peut en effet se révéler très addictif ! Il faut comprendre les mécanismes en jeu. Le pouvoir libère de la dopamine, une molécule biochimique qui procure une sensation de plaisir ou, plus précisément, qui anticipe la satisfaction d'une récompense. Ces personnes vont être en tension, animées d’un élan qui les pousse vers l’action : jusque-là, tout va bien. Le dérapage survient quand elles se mettent à rechercher constamment cette récompense, promesse de plaisir. Elles

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