La bourse est fermée

Pourquoi Thalès ne jure que par le quantique

Les chercheurs de Thalès sont dans un étrange état de superposition quantique. D’un côté, ils ne jurent que par l’intrication, les inégalités de Bell, le paradoxe EPR, le spin ou le chat de Shrödinger. Mais de l’autre, ils poussent des soupirs à fendre l’âme dès qu’on leur parle d’ordinateurs quantiques. « C’est la com des Gafa, dit sans ambages un chercheur du CNRS spécialisé dans les transmissions quantiques. Imaginez un directeur de labo qui engloutit des dizaines voire des centaines de millions tous les ans. Il est obligé de sortir quelque chose, sinon il risque de se faire virer. Google a donc sorti son ordinateur quantique à 52 qubits. Les performances sont du même ordre que celles d’un supercalculateur dont la puissance se mesure en pétaflops. On est loin de la suprématie quantique ! » Dans le milieu des chercheurs, l’ordinateur quantique universel est la crème chantilly qui masque le gâteau : il arrivera sans doute un jour, mais pas avant une trentaine d’années tant les obstacles à surmonter sont complexes. Chaque fois qu’on ajoute un qubit, la complexité de la machine croît de façon exponentielle. C’est un peu comme d’empiler des galets sur la plage. Chaque nouveau caillou augmente sensiblement la probabilité que l’ensemble s’effondre. Cela ne signifie pas qu’il est impossible d’y arriver mais les chercheurs se montrent très prudents sur la date à laquelle les obstacles seront surmontés.

La seconde révolution quantique

Alors fin des rêves quantiques de Thalès ? Que nenni ! Bien au contraire, pour Marko Erman, directeur technique de Thalès, « nous sommes en train de vivre la seconde révolution quantique ». La première est celle qui nous a permis d’avoir le CD puis le DVD, le GPS, le disque dur (qui a valu un prix Nobel de physique à Albert Fert, directeur d’un laboratoire mixte CNRS-Thalès)… « La physique quantique est déjà dans notre vie quotidienne, précise-t-il mais nous ne le remarquons pas. D’ici 5 à 10[...]

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