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Pourquoi l’EPR de Flamanville accumule les galères depuis quinze ans

·2 min de lecture

La centrale de troisième génération devait être la vitrine du nucléaire français. Elle accuse maintenant plus de dix ans de retard sur sa feuille de route initiale et son coût a quintuplé à près de 20 milliards d’euros. Rarement un objet industriel aura connu tant de déboires.

En aura-t-on jamais fini ? La semaine dernière, l’Autorité de Sûreté nucléaire (ASN) indiquait qu’ avait détecté des écarts par rapport au référentiel d'études concernant des soudures et des tuyauteries de la future centrale normande. Il s’agit d’un écart de conception concernant trois piquages du circuit primaire du réacteur. Celui qui contient l'eau permettant de refroidir le cœur du réacteur et de transférer l'énergie issue de la réaction nucléaire aux générateurs de vapeur. Suite à ce problème, l’ASN a prié EDF de trouver des solutions pour corriger l’erreur. Elle lui a aussi demandé de lui indiquer sa stratégie de traitement de cet écart de conception.

Ce n’est pas la première fois que le gendarme du nucléaire interpelle le groupe de sur l’EPR de Flamanville. Depuis le début des premiers coups de pioche, il y a quinze ans, l’EPR normand est marqué par le sceau de la malédiction. EDF a dû réévaluer les coûts de construction près d’une dizaine de fois. Ils sont passés de 3,3 milliards d’euros en 2006 à 12,4 milliards en octobre 2019. Et la Cour des Comptes a récemment évoqué le chiffre de… 19,1 milliards. Dans le même temps, les dates de fin de construction ont aussi été révisées. Le chantier devait être achevé en 2012. Aujourd’hui l’électricien prévoit le chargement du combustible pour fin 2022. Ce qui veut dire que l’EPR ne sera pas raccordé au réseau avant 2023. Au mieux.

Perte de compétences , mauvaises relations entre EDF et ses sous-traitants et partenaires, irréalisme des estimations initiales, responsables du projet dans le déni, manque de culture de la qualité, gouvernance inappropriée, refus de prendre en compte les bonnes pratiques en vigueur dans d’autres industries comme l'automobile ou l'aéronautiqueles raisons du fiasco de l’EPR de Flamanville sont multiples. Elles tiennent aussi à une série d’incidents relevés il y a dix-huit mois par l’ancien président du directoire de PSA Jean-Martin Folz dans un rapport resté fameux.

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