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Pourquoi Eacop, l’oléoduc de Total est dénoncé par des militants et des scientifiques du Giec

CLIMAT - Une « bombe carbone » qui ne doit pas sortir de terre. Des militants ont interpellé mercredi 17 mai le directeur général de Crédit agricole sur son soutien à TotalEnergies. Récemment, des étudiants d’HEC ont fait part de leur refus de travailler pour l’entreprise pétro-gazière française. Et un peu plus tôt, c’était 188 experts, dont certains membres du Giec, qui signaient une tribune dans Le Monde, le 8 mai dernier, pour marteler que « plus aucun nouveau projet fossile n’a sa place ». L’objet de toutes ces colères : le projet « Eacop » de TotalEnergies, qui veut construire un oléoduc géant sillonnant l’Ouganda et la Tanzanie.

Avec Eacop, TotalEnergies veut construire un pipeline de 1 443 km entre l’Ouganda et la Tanzanie, dont le coût sera faramineux pour la planète, comme nous vous l’expliquons dans la vidéo en tête d’article. L’objectif est de transporter de l’or noir jusqu’au bord de l’océan Indien pour l’acheminer ensuite plus facilement.

Incompatible avec l’Accord de Paris

Les conclusions de l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) et du rapport du Giec sont pourtant claires : aucun nouveau projet pétrolier et gazier ne doit sortir de terre si l’on ne veut pas dépasser l’objectif de 1,5 degré de réchauffement, par rapport à l’ère préindustrielle, plafond fixé par l’Accord de Paris.

Mais en dépit de ces acquis scientifiques, la firme pétro-gazière « s’obstine à vouloir développer le plus long oléoduc chauffé au monde », dénoncent les signataires de la tribune du Monde. Or pour eux, ce projet est « une bombe carbone » qui émettra, « sur les vingt-cinq années, plus de 379 millions de tonnes équivalent CO2 ». Ce pipeline met aussi en péril « des zones à la biodiversité sensible » et « contribue à des violations avérées des droits humains en Ouganda et en Tanzanie », dénoncent-ils encore.

TotalEnergies assure de son côté que ce projet a au contraire un impact positif sur la biodiversité. La firme prétend rendre le site dans un meilleur état qu’avant les travaux. Elle va en outre financer la réintégration d’animaux sauvages en Ouganda, comme le rhinocéros noir. Une bonne nouvelle pour le rhinocérotidé, mais qui masque difficilement le fait que l’oléoduc va traverser 16 aires protégées dans les deux pays qui abritent notamment des lions, des antilopes et des singes.

Les actionnaires doivent se rebeller

Par ailleurs, l’oléoduc longera les deux plus grandes réserves d’eau douce de l’Afrique de l’Est : les lacs Victoria et Albert. Concernant ce point, TotalEnergies assure qu’« une attention particulière a été accordée aux cours d’eau, et le forage horizontal sera utilisé pour les cas les plus sensibles. » Les ONG pointent surtout qu’en cas de fuite, il y a un risque de marée noire. Un danger immense alors que 40 millions de personnes dépendent de l’eau du lac Victoria.

Le projet vise enfin, selon TotalEnergies, à contribuer à améliorer la qualité de vie des personnes vivant sur place. Dans les faits, 18 000 personnes vont être affectées par le projet et parmi elles, 723 familles devront quitter leur foyer. Même si TotalEnergies leur promet de l’argent ou une nouvelle maison, les victimes du projet déplorent des compensations financières bien trop faibles.

Pour toutes ces raisons, les experts du climat lancent un appel aux actionnaires à voter contre le « say on climate », soit la « stratégie climat », que proposera TotalEnergies lors de sa prochaine assemblée générale, ce vendredi 26 mai. Ils souhaitent qu’ils exigent de l’entreprise d’abandonner l’oléoduc Eacop et tous ses autres projets fossiles « en passe de détruire nos conditions de vie sur Terre ».

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