Pour percer dans le mobile, Huawei fait sa révolution culturelle

Ce mastodonte, encore inconnu du grand public, lance une vaste offensive pour rattraper Samsung et Apple. Sa tactique : faire oublier qu’il est chinois.

Un Pégase noir de 6 mètres de hauteur, dressé sur ses pattes de derrière, les ailes déployées… La bête, fabriquée avec 3 500 téléphones mobiles et signée par le géant chinois des télécoms Huawei, trônait en février dernier au beau milieu du Mobile World Congress, le salon qui réunit chaque année le gratin mondial de la téléphonie mobile, à Barcelone. Et elle a fait causer. Surtout la concurrence. Un employé de Nokia, mi-amusé et mi-grave, passant devant : «On ne sait pas très bien si c’est l’animal ailé ­mythique ou un cheval de Troie.»

Roi des routeurs. Probablement les deux. Depuis l’an dernier, Huawei a en effet lancé une grande offensive sur le marché de la téléphonie mobile. Ce mastodonte de l’empire du Milieu, dont le nom signifie «splendide ouvrage» ou «gloire de la Chine» selon les traductions, est encore inconnu du grand public. Il est pourtant omniprésent dans les télécoms, où il réalise l’essentiel de son chiffre d’affaires, 35 milliards de dollars en 2012. Le groupe, basé à Shenzhen, équipe déjà en routeurs, répartiteurs ou antennes relais 45 des 50 plus importants opérateurs du monde, d’Orange à AT&T. Et il est en passe de ravir la première place du secteur à l’américain Cisco. Il lorgne désorm ais sa prochaine cible : le mobile. Et l’a fait clairement savoir. «Nous voulons être numéro 3 d’ici à 2015», martèle le groupe, qui ne pèse encore que 3% du marché.

A Barcelone, où il présentait son Ascend P1, «le smartphone le plus rapide du monde», les 1 200 limousines ornées d’une fleur orange, le logo de la firme, étaient omniprésentes dans les rues et devant les palaces. Huawei s’était offert, en plus d’un bâtiment privé, un gigantesque stand ultramoderne, avec un écran de 50 mètres de long, dans le plus grand hall du salon, face à l’espace de Samsung, la star ...

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