La bourse ferme dans 4 h 11 min

PIB, inflation, pouvoir d'achat... ces statistiques de l'Insee qui font polémique

Sous le feu des critiques pour ses biais méthodologiques, l'Insee se réfugie dans sa posture de neutralité.

Cet article est à retrouver dans le magazine n°1200 en kiosques cette semaine "Le tour de France des maires toxiques", disponible en ligne pour 3,49 euros seulement.

Les chiffres ne mentent pas. Mais ils peuvent être trompeurs : parmi les indicateurs compilés par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), cruciaux pour guider les politiques publiques, plusieurs donnent une image déconnectée de la réalité. Aujourd'hui sous le feu des critiques, la direction de l'Insee se défend en invoquant sa neutralité scientifique, quitte à occulter les enjeux politiques de son action. Tour d'horizon des sujets qui fâchent.

Le fardeau immobilier sous-estimé

14 % : c’est le poids des dépenses logement dans les dépenses de consommation des ménages, selon l’Insee. Pis, si l’on enlève les dépenses en énergie (électricité, gaz, etc.) et les petits travaux d’entretien et de réparation, cette part tombe à seulement 6 %. Un chiffre aberrant, de premier abord, quand on sait à quel point l’inflation immobilière pèse sur le budget des ménages : depuis 2000, le prix des logements a augmenté 66 % plus vite que les revenus en France, selon les chiffres du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD). Mais on se trompe de débat, nous dit l’Insee. Le chiffre de 6 % représente en fait la part des loyers dans les dépenses de consommation des ménages. Les emprunts remboursés chaque mois par les propriétaires accédants ne sont donc pas comptabilisés dans l’indice des prix à la consommation (IPC), car ils sont considérés comme une dépense d’investissement. Cela veut concrètement dire que l’inflation des prix de l’immobilier n’est pas directement prise en compte dans le calcul de l’inflation en France. Rien que ça !

Lire la suite