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Patrimoine de Bernard Arnault : "Ne pas verser dans la démagogie"

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Marianne a publié une infographie intitulée : « Les 100 milliards de Bernard Arnault, c'est quoi au juste ? » Réponses : 5,5 millions d'années de salaire minimum, 360 000 maisons ou 750 000 t de pièces de 1 €. Succès garanti sur les réseaux sociaux puisque la jalousie est l'une des passions dominantes dans nos démocraties. Peu importe que l'infographie en question soit contestable. Rapporter un stock de patrimoine constitué en grande partie d'actions de LVMH dont le cours varie à un flux de salaire est hasardeux.

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Quant à la conversion de ce patrimoine en tonnes de pièces, en hectares de terres ou en longueur de billets, elle laisse songeur. On peut convertir la somme des salaires des journalistes de Marianne en équivalents revenus des vieillards des bidonvilles de Gonda, en Inde, pour faire pleurer sur les inégalités dans le monde. Mais passons. Et puisque Marianne me fait l'amitié de me proposer de jouer le rôle du méchant en défendant Arnault, allons au cœur du sujet. Les inégalités en France sont-elles élevées et injustes ?

"Vuitton et Dior participent à notre richesse collective (en apport de valeur ajoutée, d'emplois, d'exportations, d'investissements) et à notre influence culturelle."

L'OCDE calcule un « coefficient de Gini » qui mesure l'inégalité de distribution du revenu des ménages. Les extrêmes vont de l'Afrique du Sud (0,60, pays le plus inégalitaire) à la Slovaquie (0,24). La France est à 0,29, comme l'Allemagne. C'est donc un pays plutôt égalitaire, davantage que l'Italie (0,33), le Royaume-Uni (0,36) ou les Etats-Unis (0,39). Logique, car la France est le pays le plus redistributif. L'écart d'inégalités entre revenus avant et après impôt et prestations sociales est très important en raison de l'Etat-providence et de la progressivité de l'impôt sur le revenu. Les inégalités après redistribution en France sont contenues et sont stables depuis 2013.

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